Sondage "émotionnel" : Le Pen a plus fait monter la fièvre que Macron chez les spectateurs du débat

Politique
SUFFRAGE ÉMOTIONNEL – Qu’ont pensé les Français du débat de l’entre-deux-tours ? Pour se faire une idée, Datakalab, un laboratoire de conseil en neuromarketing, a passé au crible les réactions d’une trentaine de téléspectateurs en temps réel. Verdict : Marine Le Pen s’impose comme la candidate qui suscite le plus d’émotions.

Après les sondages, le "suffrage émotionnel". Cette technique encore expérimentale permet de mesurer et d’analyser le ressenti des Français en temps réel. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le débat de l’entre-deux-tours ne les a pas laissés indifférents. Mais attention tout de même, "on peut remporter le suffrage émotionnel et ne pas remporter l’élection", précise le publicitaire Franck Tapiro, à l’origine de l’expérimentation, au micro de RTL. Preuve en est avec les résultats obtenus lors du dernier débat, où Jean-Luc Mélenchon était ressorti grand vainqueur.

La colère ou la haine peuvent être positives pour un candidat

Cette fois, c’est Marine Le Pen qui a remporté le match des émotions, positives ou négatives. "Dans certains cas, comme Marine Le Pen, les émotions négatives ne sont pas forcément négatives pour elle", relève Franck Tapiro qui compare la candidate frontiste à Dark Vador qui se nourrit "de la colère, de la peur et de la haine : c'est positif pour elle".


Cependant, le principal auteur des travaux note aussi que "si Marine Le Pen arrive en tête de la production d'émotions, il y a 15 % d'émotions négatives en plus par rapport à Emmanuel Macron". Et le candidat d’En Marche ! n’a pas tout perdu puisqu’il produit 5 % d'émotions positives de plus qu'elle.

Un arsenal d'outils neuroscientifiques

En pratique, l’équipe du Datakalab, a sélectionné trente téléspectateurs issus d’un panel représentatif et d’horizons politiques différents. Equipé d’un arsenal d’outils neuroscientifiques, comme des capteurs mesurant la sudation provoquée par une émotion ou une caméra capable de détecter les micro-expressions du visage, ils ont croisé les données quasiment en temps réel afin de déterminer l’engagement émotionnel d’un téléspectateur. La technique peut ainsi déterminer quel candidat a suscité le plus d’émotions, qu’elle soit positive ou négative, et sur quel thème. 


Franck Tapiro, qui a été le conseiller médias de Nicolas Sarkozy en 2007, précise tout de même que cette méthode n’a pas vocation à axer le discours politique sur les émotions plutôt que sur les idées, ni de travailler pour un candidat. "C’est un acte républicain et citoyen", conclut-il. 


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