Déchéance de nationalité : à l'Assemblée, la droite se déchaîne contre Taubira

Déchéance de nationalité : à l'Assemblée, la droite se déchaîne contre Taubira

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BIS REPETITA – Le Premier ministre, Manuel Valls, a décidé de présenter lui-même le futur texte de révision constitutionnel portant notamment la déchéance de nationalité. La Garde des Sceaux, elle, ne prendra pas part au débat, opposée à cette réforme. "Ridicule" et "cacophonique", juge l'opposition.

La droite a trouvé une énième occasion de tomber sur Christiane Taubira. Mardi, à l'Assemblée nationale, les députés de droite s'étranglaient sur la décision de Manuel Valls de porter, seul, le futur texte sur la déchéance de nationalité pour les binationaux impliqués dans des actes terroristes. Une révision constitutionnelle honnie, en l'état actuel, par la ministre de la Justice , dont le rôle aurait logiquement été de défendre un texte de cette ampleur. Or elle sera la grande absente des débats parlementaires.

D'où le mot d'ordre plutôt simple chez Les Républicains. "Elle doit démissionner", crient de concert les ténors du parti. "Ce qui se passe sur un sujet aussi grave est pitoyable et scandaleux", juge notamment Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes. "Le Premier ministre est obligé de se substituer à la garde des Sceaux pour défendre ce texte. On est en totale cacophonie. On ne sait plus quelle est la ligne du gouvernement." Guillaume Larrivé (LR, Yonne) juge que le gouvernement "se ridiculise" et va plus loin : "Christiane Taubira est en train d'exploser en vol. Elle n'est plus ministre de la Justice, c'est une réalité institutionnelle." Quant à Philippe Gosselin (LR, Manche), il se plaît, plus sobrement, à rappeler la fameuse formule prêtée à l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement : "Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Cette position est difficilement tenable." Et d'analyser : "Quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, Christiane Taubira est considérée comme la caution de gauche du gouvernement. Si elle était renvoyée, cela mettrait l'exécutif dans une difficulté majeure."

"Attitude antirépublicaine"

Au gauche, on fait pourtant mine de rien. "Il n'est pas choquant qu'un Premier ministre vienne défendre lui-même un texte de révision constitutionnelle", résume Olivier Faure (PS, Seine-et-Marne). "Quant à la garde des Sceaux, si elle n'a pas la même vision du sujet, elle reflète un état d'esprit qui traverse la gauche. Laissons la droite à ses petits jeux politiciens." A l'instar de l'écologiste François de Rugy (Loire-Atlantique), qui défend "l'expression des sensibilités" au sein du gouvernement à condition d'éviter la "machine à couacs", le député parisien Pascal Cherki (PS), opposé à la réforme constitutionnelle, estime que cette polémique "n'est pas l'essentiel".

"Je n'arrive plus à compter le nombre de fois où la droite a appelé à la démission de Christiane Taubira, ce traitement qui lui est réservé est abominable", s'énerve le patron des députés PS, Bruno Le Roux. "Ça devient absolument ridicule. L'attitude de la droite est antirépublicaine." La gauche devra pourtant faire face, mercredi, à un deuxième round sur le thème "Taubira démission". Il sera question, à l'Assemblée, d'état d'urgence et de politique pénale. Et les députés LR s'apprêtent, à nouveau, à fondre sur leur proie préférée.

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