Déchéance de nationalité, chômage, loi Travail : la fin de mandat cauchemardesque de François Hollande

Politique
DUR DUR – L'abandon de la réforme constitutionnelle, mercredi 30 mars, est le dernier épisode en date d'une descente aux enfers pour le chef de l'Etat. Entre la mobilisation contre la loi Travail, les mauvais chiffres du chômage, les promesses non tenues et les divisions de la gauche, la dernière année de mandat de François Hollande est bien mal partie.

Les mandats présidentiels finissent mal (en général). Au petit jeu de la fin de règne la plus chaotique, François Hollande pourrait toutefois surclasser ses prédécesseurs.

En annonçant, mercredi, l'abandon de la réforme constitutionnelle – qui contenait l'état d'urgence et la déchéance de nationalité pour les terroristes –, le chef de l'Etat a signé un nouvel échec personnel cuisant pour cette année 2016 qui s'annonce décidément cauchemardesque. La droite, bien que coresponsable de cet échec, l'a compris : cette reculade de François Hollande sonne l'heure du bilan (et donc du jugement) pour le président socialiste.


A un an de l'élection présidentielle, le chemin de croix de François Hollande ne devrait pas s'interrompre avec la déchéance de nationalité et la menace de nouveaux attentats qui pèse sur le pays. Malgré l'adoption en cours - sans remous - de la réforme pénale, les embûches sont nombreuses et les conditions semblent réunies pour que rien (ou pas grand chose) ne sauve cette année cruciale.

 La loi Travail est très mal partie
Très contestée par la gauche, peu soutenue par la droite, la réforme du Code du travail a débuté son chemin parlementaire dans le chaos et la contestation. En attendant son examen à partir du 4 avril, puis le débat à l'Assemblée début mai, le texte a mis dans la rue des centaines de milliers de manifestants, dont bon nombre de jeunes… Ceux, précisément, auxquels François Hollande voulait dédier son quinquennat. Une nouvelle journée d'action est prévue jeudi, et la pétition sur Change pour l'abandon de la réforme El Khomri – même édulcorée par le gouvernement – a attiré près de 1.3 million de signatures. Un record.

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 Le chômage, ce bilan qui plombe Hollande
Il l'a dit et répété : le chef de l'Etat ne se représentera pas en 2017 si la courbe du chômage ne s'est pas inversée. La fameuse inversion, attendue en 2013, puis en 2014, puis en 2015, n'est toujours pas au rendez-vous en 2016. C'est même pire : les derniers chiffres confirment une hausse du chômage et un triste record pour la France : 3.59 millions de demandeurs d'emploi en métropole .

 La gauche est plus divisée que jamais
Malgré l'entrée au gouvernement de deux ministres écologistes début février, François Hollande a échoué à ouvrir sa politique aux autres formations de la gauche. Les réformes menées, tant sur le plan économique ( loi Macron ) que social (loi El Khomri) ou symbolique (déchéance de nationalité) semblent même avoir éloigné définitivement les anciens partenaires de la gauche. Au sein même du PS, les partisans de Martine Aubry ont amorcé fin février un divorce durable en réclamant une primaire de la gauche pour l'élection présidentielle et en se démarquant du bilan de Manuel Valls. L'union de la gauche est pourtant considérée comme un préalable pour espérer atteindre le second tour d'une élection présidentielle, auquel le FN peut désormais prétendre.

 Les promesses non tenues de François Hollande
A l'heure du bilan, le chef de l'Etat devra également s'expliquer auprès de son électorat au sujet des promesses et des engagements passés en 2012. Parmi ceux-là, certains objectifs n'ont pas encore été tenus ou atteints à cette date. Par exemple : le droit de vote des étrangers aux élections locales, l'inversion de la courbe du chômage, le recrutement de 60.000 postes d'enseignants (en partie réalisé, seulement), la suppression des stock-options, la réduction du déficit public à 3% du PIB ou encore la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. S'ajoute à cela la promesse d'un référendum avant octobre 2016 sur le projet contesté d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes , qui n'a pas encore trouvé de traduction concrète.

 Le président le plus impopulaire
Malgré le soutien marqué de l'opinion lors des attentats qui ont frappé la France en 2015, François Hollande ne s'est jamais remis de sa chute de popularité vertigineuse amorcée dès la première année de son mandat. Le dernier baromètre OpinionWay pour metronews et LCI le situe à 17% d'opinions favorables, le niveau le plus bas de son quinquennat.

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