Déchéance de nationalité : le gouvernement perturbe à sa gauche

Déchéance de nationalité : le gouvernement perturbe à sa gauche

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FRAGMENTATION - Au lendemain de l'annonce choc du gouvernement sur la déchéance de nationalité, les réactions indignées continuent de s'accumuler à gauche. Eva Joly et Cécile Duflot, par exemple, n'ont rien caché de leur indignation, jeudi 24 décembre au matin.

La déchéance de nationalité à l'attention des terroristes ayant la double nationalité ? Pour se mettre à dos une majorité qui accuse le coup à chaque mesure de droite et qui n'avait déjà pas grand chose pour se repérer sur sa gauche, le gouvernement ne pouvait pas trouver beaucoup mieux.

La "nausée" des "habituels indignés"

Alors évidemment, à gauche, la décision de François Hollande de maintenir la mesure a du mal à passer. Mercredi 23 décembre, dans une tribune sur le site de  L'Humanité , Jean-Luc Mélenchon n'a pu réprimer sa "nausée" à l'idée que le gouvernement reprenne à son compte une mesure non seulement voulue par Nicolas Sarkozy en son temps mais qui va lui valoir le soutien de l'extrême droite à l'Assemblée nationale. "C'est la déchéance du gouvernement", a encore écrit l'eurodéputé.

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Même effarement chez Cécile Duflot, jeudi 24 décembre sur France Inter, qui a dénoncé "une mesure d'extrême droite" contre laquelle elle a appelé à voter. Une déception globale pour l'ancienne patronne d'EELV, qui avait "tendu la main" vers François Hollande il y a quelques jours.

Et dans la majorité ? Pour le questeur de l'Assemblée nationale Bernard Roman, pas moins de "80% des députés socialistes" y seraient opposés, comme le raconte L'Obs, relayé par Le Lab . Tout ça n'inquiétera pas Jean-Marie Le Guen. Ce jeudi matin sur RMC, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement a assuré que, malgré "les habituels indignés", la réforme serait votée.

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Inquiétude pour Taubira

Mais à gauche, on se fait aussi du souci pour Christiane Taubira. La ministre de la Justice, qui avait annoncé le retrait de la déchéance de nationalité dans une interview à une radio algérienne mardi 22 décembre, a été publiquement contredite par l'annonce de Hollande. Et si la droite n'a pas perdu son temps pour demander sa démission, gauche radicale et écologistes ont aussi leur commentaire à apporter.

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Sur Europe 1 , l'écologiste Eva Joly, pour qui la déchéance est une "forfaiture", a parlé d'"humiliation" à l'endroit de la garde des Sceaux. Et l'ancienne candidate à la présidentielle de confier : "Si j'étais à sa place, je démissionnerais" (ce à quoi Taubira s'est refusé, ndlr). Cécile Duflot, elle, s'est dite "malheureuse" pour son ancienne collègue, dont "les engagements" ont été "piétinés".

Pour l'aile gauche du gouvernement, Christiane Taubira n'est pas loin de se renier. Pour quelqu'un qui, en effet, considérait que la déchéance de nationalité remettait en question "le droit du sol" auquel elle se disait "profondément attachée", la mesure a tout d'une grosse couleuvre à avaler, comme le tweetait le député écologiste Serge Coronado.

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