Déchéance de nationalité : quand François Hollande dézinguait cette "chose de droite"

Déchéance de nationalité : quand François Hollande dézinguait cette "chose de droite"
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J'AI CHANGÉ D'AVIS - Avant la parution le 24 mars de l'ouvrage "Le Pari", de Charlotte Chaffanjon et Bastien Bonnefous, Le Monde détaille un entretien accordé en juillet 2015 par François Hollande aux deux journalistes. Le chef de l'Etat s'en prenait alors à la déchéance de nationalité, qu'il a souhaité mettre en œuvre à peine quatre mois plus tard, après les attentats du 13 novembre.

Le 13 novembre 2015, un choc pour la France, et une rupture idéologique pour François Hollande. Quand le président de la République a annoncé son intention d'étendre la déchéance de nationalité pour les coupables de terrorisme, trois jours après les attentats, bon nombre de responsables politiques - à gauche comme à droite - n'en ont pas cru leurs oreilles. Le chef de l'Etat décidait brutalement de promouvoir une mesure vantée jusqu'ici par la droite et l'extrême droite, mais absente du corpus des valeurs de gauche.

Alors que cette réforme constitutionnelle, adoptée péniblement à l'Assemblée nationale, puis retoquée au Sénat, risque d'être enterrée faute d'accord, des propos rapportés de François Hollande et remontant à juillet 2015 témoignent du brusque revirement présidentiel sur le sujet.

Une mesure qui "n'apporte rien"

Avant la parution, le 24 mars, d'un ouvrage sur les ambitions de François Hollande pour 2017, Le Pari  (Plon),  Le Monde rapporte quelques détails d'un entretien accordé alors aux journalistes Bastien Bonnefous et Charlotte Chaffanjon.

A peine quatre mois avant les attentats de novembre, le Président listait les mesures qui, selon lui, ne devaient pas être retenues dans le cadre de la lutte contre le terroriste - rappelons que la France avait déjà été meurtrie par les attentats de janvier 2015 : "La déchéance de nationalité, ou l'indignité nationale, vous savez, toutes ces choses de droite qui sont de l'ordre du symbolique et qui n'apportent rien à la lutte contre le terrorisme", disait-il avec "un certain mépris". Selon Le Monde, François Hollande était alors "catégorique" : "Si on est, sur ces sujets-là, dans une surenchère avec la droite, c'est comme dire 'bon, finalement, l'extrême droite et la droite ont raison'".

Et de conclure qu'il fallait "montrer que la lutte contre le terrorisme n'est pas un sujet de division, surtout lorsque la droite cherche à nous emmener sur un terrain qui n'est pas le nôtre". Sur ce plan, le chef de l'Etat a peut-être raté son "pari".

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