Déconfinement : "Dans ma ville, les écoles ne rouvriront pas le 11 mai", annonce le maire d'Hautmont

Déconfinement : "Dans ma ville, les écoles ne rouvriront pas le 11 mai", annonce le maire d'Hautmont
Politique

POLÉMIQUE - Le maire (LR) d'Hautmont (Nord), Joël Wilmotte, a annoncé vendredi que les écoles de sa commune ne rouvriraient pas le 11 mai. Sans attendre les annonces sur le déconfinement du Premier ministre prévues mardi, l'édile a pris un arrêté municipal fermant les établissements scolaires publics et ce, jusqu'à nouvel ordre.

Il n'est pas le seul à avoir pris cette décision. La semaine dernière, le 24 avril précisément, le maire de Saulce-sur-Rhône, Henri Fauqué, a pris lui aussi un arrêté pour que les établissements scolaires publics ne rouvrent pas sur sa commune. "Je sais que le préfet de la Drôme a demandé à mon homologue de retirer cet arrêté, rappelant que seules les autorités de l’Etat avaient compétence à édicter les mesures visant à mettre fin à l’épidémie et lui indiquant qu'un juge rejetterait tout arrêté fondé sur une appréciation divergente du besoin sanitaire comme l'a rapporté la presse. Je crois que mon homologue ne l'a pas retiré, et je ne le retirerai pas non plus, même si le préfet de la région me le demande", assure à LCI Joël Wilmotte, maire (LR) d'Hautmont (Nord), ce lundi. 

L'édile du Nord a pris son arrêté le même jour, et l'a mis en ligne immédiatement pour en informer la population. "Dans ma ville de 15 000 habitants, comme sur les réseaux sociaux, la décision a été saluée par tous. Les personnes ont bien compris quel la décision n'était pas prise pour les ennuyer, mais pour des raisons de santé, insiste l'élu. Environ 1500 enfants de maternelles et de primaires sont concernés. En l'état, je n'ai aucun moyen de leur garantir que les mesures d'hygiène seront suffisantes pour rouvrir ces écoles à ces petits enfants à cette date. N'oublions pas, il reste 6 jours ouvrés avant le 11 mai, c'est tout simplement mission impossible". 

Le maire rappelle notamment dans son arrêté que la "distanciation sociale" ne pourra être respectée au vu de "l'étroitesse des locaux" ou encore que "le lavage des mains", pour les élèves, les enseignants et autres personnels ne pourra être fait convenablement faute de "lavabos suffisants". 

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Une décision prise en amont

Les deux maires n'auraient pas pu attendre les déclarations d'Edouard Philippe ce mardi, pour prendre une telle décision. "A quoi bon? commente l'élu. Les sondages montrent que plus de la moitié des parents n'enverront pas leurs enfants l'école. D'autres indiquent qu'un nombre conséquent de professeurs vont exercer leur droit de retrait, qu'il faudra trouver d'autres activités, du sport, des jeux ludiques, pour remplacer la classe. A quoi bon faire revenir les enfants dans de telles conditions? Nous voyons bien ce qu'il va probablement se passer, et en plus, on fait prendre des risques à des personnes pour rien. Avertir les parents le 24 avril que les écoles ne rouvriraient pas, c’était aussi leur permettre de s'organiser". 

Joëlle Wilmotte souhaite également que tous prennent le temps de préparer la suite, le "post 11 mai". "Avec les parents, les professeurs, les services de l'Education nationale, avec les services de la commune, les maisons de quartier, nous allons voir ensemble ce qu'il est possible de faire. Nous voulons trouver des solutions alternatives, avec des consignes d'hygiène précises et applicables", poursuit Joël WIlmotte. 

Car le maire du Nord, comme beaucoup de maires de France, se posent également la question de l'après 4 juillet. "Que va-t-il se passer pour les vacances scolaires. On nous parle de centre de loisirs qui ne pourront pas accueillir plus de 10 enfants, et une interdiction de jouer au ballon... Cela pose problème quand même en terme d'organisation".

Recours contentieux?

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Selon La Voix du Nord, les maires de 14 communes de l'agglomération d'Hénin-Carvin ont interpellé jeudi dernier, dans une lettre, le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, au sujet de la réouverture des écoles le 11 mai. 

Dans la Drôme, le préfet Hugues Moutouh n'exclut pas un recours contentieux devant le tribunal si le maire de Saulce-sur-Rhône, Henri Fauqué, ne retire pas son arrêté. Le maire d'Hautmont pourrait se retrouver dans le même cas de figure. "Peu importe, nous verrons bien. La santé avant tout", conclut-il.

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