Déconfinement : des maires refusent de rouvrir leurs écoles le 11 mai

Déconfinement : des maires refusent de rouvrir leurs écoles le 11 mai
Politique

COMMUNES - Le gouvernement a acté la réouverture des écoles élémentaires à partir du lundi 11 mai. Mais de nombreux maires estiment que la situation ne le permettra pas et préviennent qu'ils n'ouvriront pas leurs classes à cette date. Des arrêtés municipaux ont été pris en ce sens.

Comment faire respecter les gestes barrières par les plus jeunes ? Comment désinfecter les classes et à quel coût ? Comment assurer la sécurité des personnels enseignants et éducatifs ? Face aux doutes et aux difficultés à mettre en place certaines mesures, de nombreux maires ont choisi de ne pas rouvrir leurs classes le 11 mai prochain. 

Lire aussi

"Compte tenu des conditions avancées par le Premier ministre et de la date du 7 mai pour la décision définitive, cela me semble totalement déraisonnable. Je préfère d’ores et déjà annoncer que les écoles de Saint-Cloud ne rouvriront pas le 11 mai mais plutôt la semaine suivante", a prévenu ce mercredi 29 avril dans le Parisien le maire DVD de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) Eric Berdoati. 

Toujours dans le quotidien, le maire DVD de Yerres (Essonne) Olivier Clodong ajoute : "Je ne rouvrirai pas les écoles de ma ville sauf si j’obtiens toutes les garanties sanitaires. Pour moi, elles passent par le dépistage systématique des 250 enseignants et agents communaux qui seront au contact des élèves. Si je n’obtiens pas ces tests, les 110 classes de ma commune resteront fermées." 

Sur LCI, le maire RN de Beaucaire (Gard) Julien Sanchez a lui aussi annoncé que dans sa commune "nous nous dirigeons, a priori, vers un refus d'ouvrir les écoles".

Tester régulièrement les personnels

Avant même la présentation du plan de déconfinement par le Premier ministre mardi 28 avril, certains édiles avaient déjà fait part de leur décision de ne pas rouvrir les écoles. Le 27 avril, huit maires de Seine-Saint-Denis ont indiqué au Parisien qu’ils ne rouvriraient pas leurs écoles le 11 mai, et avaient fait part de leur réflexion dans un courrier envoyé au préfet du département et à l’Education nationale. Selon eux, les "conditions de sécurité et de sérénité (sont) impossible à assurer". "La première des conditions indispensables pour assurer le retour à l’école serait que le personnel adulte, enseignants, agents ou prestataires privés, soit dépisté préalablement plus régulièrement. Peut-on prendre le risque qu’un adulte infecté vienne contaminer nos enfants et le reste du personnel ?", avait interrogé Aude Lagarde, maire de Drancy.

D'autres ont déjà publié leurs arrêtés, à l'instar du maire de Saulce-sur-Rhône (Drôme) Henri Fauqué ou de Joël Wilmotte, maire de Hautmont (Nord). Ce mercredi sur LCI, il a expliqué qu'une ouverture différée serait décidée dans les prochaines semaines. "Collectivement nous prendrons la décision au fur et à mesure. Je ne peux pas vous dire que ce sera le 15 mai, le 18, le 20 mai ou le 21. On va faire ça avec beaucoup de pragmatisme et sur le terrain."

En début de semaine au micro de TF1, le maire de Courcelles-lès-Gisors (Oise) Alain Frigiotti avait indiqué avoir prévenu ses administrés de la non-réouverture des établissements scolaires. "Je suis là pour préserver mon personnel, mes enfants, les instituteurs et l’ensemble de la population. (...) Je prends mes responsabilités", avait déclaré celui qui dit aussi ne pas avoir les moyens de désinfecter les bâtiments tous les jours. Si son arrêté était annulé par la préfecture, il prévient que la cantine resterait fermée. 

Lire aussi

Des arrêtés défaits par les préfectures ?

Toute l'info sur

Les grands défis du déconfinement

Suivez les dernières informations sur le déconfinementRegardez jusqu'où vous pouvez vous déplacer sans attestation avant le 2 juin

Les préfectures pourraient rapidement demander aux élus de retirer leurs arrêtés, et auront le pouvoir d'obliger les maires à rouvrir leurs écoles. Ce mercredi lors d'une réunion avec des élus locaux, le gouvernement a précisé par exemple que des communes situées dans des départements verts, où le virus circule peu, auraient du mal à justifier la fermeture de leurs écoles au-delà du 11 mai. Une souplesse pourrait être accordée aux villes des départements rouge, où le virus circule toujours activement. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent