Déconfinement : quelle stratégie pour l'isolement des personnes contaminées ?

Déconfinement : quelle stratégie pour l'isolement des personnes contaminées ?
Politique

CORONAVIRUS - Le plan de déconfinement dévoilé mardi par Edouard Philippe prévoit l'isolement systématique des personnes contaminées par le Covid-19. Jusqu'ici, le Premier ministre a insisté sur "la responsabilité individuelle", plutôt que sur l'hypothèse d'une quarantaine contrainte.

L'isolement des personnes contaminées au cœur de l'enjeu du déconfinement. Alors que le gouvernement planche sur l'avant-projet de loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire, probablement jusqu'au 24 juillet, la question de la quarantaine devrait être au cœur du dispositif présenté samedi en Conseil des ministres. 

Plusieurs dispositions en la matière ont déjà été intégrées au Code de la santé publique par la loi du 23 mars 2020 instaurant l'état d'urgence sanitaire. Le texte prévoit que le Premier ministre puisse, par décret, "ordonner des mesures ayant pour objet la mise en quarantaine des personnes susceptibles d'être affectées", et "des mesures de placement et de maintien à l'isolement à leur domicile ou tout autre lieu d'hébergement adapté" de ces personnes.

Se reposer sur "le civisme de chacun"

Lors de la présentation du plan de déconfinement, mardi, Edouard Philippe n'a pas abordé la question de l'isolement sous sa dimension contraignante. "L'isolement n'est pas une punition", a-t-il martelé. "Il n'est évidemment pas une sanction. L'isolement est une mesure de précaution collective, une mise à l'abri. L'isolement doit donc être expliqué, consenti et accompagné". 

Le Premier ministre a défendu à ce titre une politique reposant "sur la responsabilité individuelle et la conscience que chacun doit avoir de ses devoirs à l'égard des autres". "Nous prévoirons des dispositifs de contrôle, s'ils devaient être nécessaires", a-t-il précisé, "mais notre objectif est de nous reposer largement sur le civisme de chacun". Dans cette optique, les personnes concernées auront le choix de s'isoler, pendant 14 jours, à leur domicile ou dans un lieu mis à leur disposition. 

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L'avant-projet de loi qui doit être examiné samedi en Conseil des ministres pourrait toutefois apporter des détails sur les conditions de la mise en quarantaine. Une version provisoire du texte, évoquée notamment par l'AFP, évoque l'idée d'un isolement contraint d'une personne "en cas de refus réitéré des prescriptions médicales d'isolement prophylactique, un risque grave de contaminer d'autres personnes", sur proposition du directeur de l'Agence régionale de santé auprès du représentant de l'Etat, pour une durée de 14 jours qui ne pourrait être prolongée au-delà sans qu'un juge des libertés ait pu statuer. 

Une hypothèse toutefois susceptible de ne pas être retenue à l'arrivée. Jusqu'ici, l'exécutif a jugé que les comportements constatés permettaient de s'assurer que les personnes contaminées prendraient elles-mêmes la décision de s'isoler. "Les médecins le disent, ceux qui ont eu à gérer des épidémies le disent, que la conscience individuelle, le respect civique des règles, lorsque l’on est déclaré positif ou malade, est souvent quasiment absolu", a ainsi déclaré Edouard Philippe mardi devant les députés. 

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