Ils se sont pressés pour une dédicace de "Destin Français" : à la rencontre des fans d'Eric Zemmour

Ils se sont pressés pour une dédicace de "Destin Français" : à la rencontre des fans d'Eric Zemmour

Politique
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SUPERSTAR - Des dizaines de fans ont fait le pied de grue mercredi soir pour rencontrer le polémiste et lui faire dédicacer son dernier ouvrage, "Destin français". Un public composite où les simples amateurs côtoyaient une frange beaucoup plus radicale de la droite.

"Vous êtes notre nouveau Johnny..." "Ah bah vous êtes gentille", répond, tout sourire, Eric Zemmour à une femme d'une soixantaine d'années qui lui tend son exemplaire de Destin français, le nouveau best-seller annoncé du polémiste le plus médiatique de la droite dure. Dans la salle étriquée de la Librairie Nouvelle, face au jardin du Luxembourg, l'auteur enchaîne inlassablement dédicaces, petits clins d'oeil et selfies, tandis que la foule des fans se presse sur le trottoir pour entrer au compte-gouttes, filtrée par deux costauds. 


Eric Zemmour, un nouveau Johnny ? Pas si absurde. Comme le chanteur défunt, le polémiste mobilise pour cette séance de dédicace un public particulièrement composite : jeunes, moins jeunes, issus des quartiers chics ou plutôt "classes moyennes", très politisés ou non. Ces dizaines de badauds attendent patiemment de rencontrer leur idole, tandis que sur le trottoir d'en face, une rangée de CRS verrouille l'accès à une poignée de jeunes gens. "Des antifas, je les reconnais", assure un jeune homme au crâne rasé qui surveille le rassemblement, côté librairie. 

"Un penseur honnête"

Adélaïde, toute jeune étudiante en sciences politique à Tolbiac - une fac historiquement marquée à gauche - est venue saluer "un penseur honnête", dont on se partage depuis longtemps les ouvrages en famille. Elle se dit sensible au discours d'Eric Zemmour sur "l'immigration et l'identité française" et loue sa "grande culture". "Oui, il est censuré", juge-t-elle. Depuis la polémique sur le prénom de la chroniqueuse Hapsatou Sy, "il a été privé de plateau télé à trois reprises", assure l'étudiante. "Pourtant, il y a des penseurs qui ont des idées plus crues que lui."

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Eric Zemmour revient ses propos sur le prénom d'Hapsatou Sy

Claude, la cinquantaine, est venu du Val d'Oise pour acheter Destin français et le faire dédicacer. Il compte "féliciter" l'auteur, qui a le mérite de "s'accrocher" et "d'oser" dire les choses, même quand on le "boycotte". "Zemmour, je dirais qu'il est clairvoyant et réaliste sur les racines de la France, la vie quotidienne des Français et les rapports entre les communautés", ajoute le quinquagénaire, qui a découvert le polémiste à l'époque où il intervenait dans l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché". 


Cédric, un artisan vivant à Pau, a profité d'une virée à Paris pour faire le détour à la Librairie Nouvelle. "Zemmour, c'est un intellectuel, un écrivain et un historien", explique-t-il. "Il aborde des thèmes litigieux, comme l'immigration, et à chaque fois on lui saute dessus." L'affaire des prénoms ? "Il est peut-être allé trop fort sur ce sujet", tempère l'artisan. "Moi, je pense que chacun fait ce qu'il veut." 

Grand remplacement au menu

Devant la Librairie Nouvelle, les voix s'animent parfois. Une partie du public, manifestement plus politisée, lance de grands débats. Un groupe discute du rôle de l'Autriche-Hongrie dans la Grande Guerre. Des étudiants parlent d'Europe. Deux jeunes hommes, qui n'ont pas l'intention d'aller faire dédicacer un livre, échangent autour de la théorie du "grand remplacement" véhiculée par l'extrême droite, l'un d'eux s'inquiétant de "la natalité africaine" qui "détruit l'Europe". Son interlocuteur lui assène, au détour de la discussion, que "Zemmour ne défend pas la race blanche mais sa propre communauté" (sous entendu, la communauté juive). 


Un peu en retrait du rassemblement, Pauline, la cinquantaine, observe, amusée. Venue de Toulouse, elle a saisi l'occasion de son périple parisien pour venir "prendre la température". "J'ai entendu qu'il y avait cette dédicace, et peut-être des antifas en face, je voulais voir ça", explique-t-elle. Pauline n'est pas venue pour voir Eric Zemmour. "Moi, c'est Alain Soral", clame-t-elle, disant avoir participé à des dédicaces de l'essayiste d'extrême droite, fondateur d'Egalité et Réconciliation, condamné à plusieurs reprises pour des propos antisémites. "Zemmour, je le trouve suspect, il ne va pas au fond des choses, alors que Soral, lui, apporte des solutions. Zemmour, c'est un excellent rabatteur. Mais il a cinquante flics qui le protègent, il ne prend aucun risque..." Malgré tout, la Toulousaine est venue voir à quoi ressemblait "cette jeunesse" qui va prendre la relève. Elle se réjouit : "Ça bouge, à droite...." 

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