Demandes d’asile : quand Nicolas Sarkozy "se trompe" sur les chiffres

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CONFUSION - Invité de l’émission "C à vous" sur France 5 lundi soir, Nicolas Sarkozy s’est adonné à quelques "approximations". Notamment sur le nombre de migrants, en provenance de la "jungle" de Calais, éligibles aux demandes d’asile.

Une semaine après avoir provoqué l’ire des professeurs à propos de leur temps de travail, Nicolas Sarkozy vient de commettre de nouvelles approximations sur certains chiffres.


Invité de l’émission "C à vous" sur France 5 lundi soir, l’ancien président de la république a eu une passe d’armes avec le journaliste Patrick Cohen. L’objet de la discorde ? Le nombre de migrants issus de la "jungle" de Calais qui pourraient accéder aux demandes d’asile. Mais aussi leurs nationalités.

Ils ne sont absolument pas éligibles. Il y a 5 % des dossiers qui sont éligibles.Nicolas Sarkozy
Non, non, non, il y a près de 80 % des dossiers éligibles au droit d’asile.Patrick Cohen
A quel titre ? Absolument pas. La Grande-Bretagne, par exemple, ramène les Soudanais au Soudan, les Érythréens en Érythrée.Nicolas Sarkozy

Mise au point

LCI a donc vérifié. Selon les chiffres officiels de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), 70 % des demandeurs d’asile provenant de Calais verraient leurs requêtes acceptées. Et en France, la moyenne nationale se place tout de même à 36 %. Loin des 5 % donc.


Autre point contradictoire, les nationalités qui y auraient accès. Si Nicolas Sarkozy affirme que les Erythréens sont renvoyés chez eux par la Grande-Bretagne, les chiffres officiels divergent légèrement.


Selon Eurostat, la direction générale de la Commission européenne chargée de l’information statistique, 97 % des Syriens y ont droit, tout comme 85 % des Irakiens. Mais surtout 88 % des Erythréens, qui sont même les plus accueillis par la Grande-Bretagne. Et pour cause, l’Erythrée est un pays dirigé par un dictateur, où règnent massacres et exécutions.

Pourquoi ces "approximations" ?

Chez Les Républicains, en particulier les soutiens d’Alain Juppé, tout serait question de stratégie. Nicolas Sarkozy veut s’adresser au cœur de son électorat.

Il veut stimuler son noyau dur d’électeurs.Philippe Gosselin, député Les Républicains

Mais même dans son propre camp, on le met en garde contre une stratégie qui ne porte pas ses fruits au regard des derniers sondages. Qu’importe. Pour ses équipes, le moment important à venir est le deuxième débat. Il y sera question des sujets internationaux et de la lutte contre le terrorisme. Nicolas Sarkozy devra marquer des points.

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