RÉCIT - Comment François de Rugy a jeté l’éponge

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Affaire Rugy : le ministre de l'Écologie poussé à la démission

DERNIÈRES HEURES - Mardi 16 juillet en début d’après-midi, François de Rugy a annoncé sa démission du gouvernement. Acculé par des révélations de presse, le ministre de la Transition écologique, jusqu’ici combatif, a finalement posé un genou à terre. Que s’est-il passé dans les ultimes instants ayant conduit à cette décision ? Nos informations.

"C’est l’attaque de trop." Dans l’entourage de François de Rugy, la journée est amère. La séquence aussi : "Depuis une semaine, on n’a pas fait beaucoup d’écologie. Il fallait mettre un point final." Les dernières révélations de Mediapart, touchant au terrain "légal" - sur l’utilisation contestable des frais de mandat par l’ancien député écologiste - ont porté le coup de grâce. Au tapis après avoir essuyé les coups de la presse, le ministre de la Transition a finalement préféré jeter l’éponge ce mardi, non sans dénoncer, sur Facebook - le canal qu’il avait privilégié pour se défendre des accusations portées contre lui - "le lynchage médiatique" dont il s’estime être victime depuis les premières révélations de Mediapart.

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"Rugy part"

Sa décision, François de Rugy l’a prise entre lundi soir et mardi matin, après avoir reçu les questions du média d’Edwy Plenel pour son dernier article. Préférant, cette fois-ci, ne pas apporter de contradiction aux journalistes qui le sollicitaient, l’ancien président de l’Assemblée nationale a voulu réserver la primeur de sa défaite au Premier ministre. A Matignon mardi matin, l’écologiste s’est entretenu une heure en tête à tête avec lui. Edouard Philippe a pris acte du choix de son interlocuteur, lâchant, à l’issue de l’échange, un lapidaire : "Rugy part."

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Amertume toujours, le chef du gouvernement, très actif dans cette affaire - même s’il sera resté mutique face aux médias -, n’a jamais souhaité le départ de son numéro 2. "C’est une forme de combat que François de Rugy a abandonné, mais jamais le Premier ministre n’a voulu lâcher. Sinon, c’est le ball-trap, on ne peut plus gouverner”, analyse-t-on à chaud à Matignon. Toutefois, "face à quelqu’un qui a une charge qu’il n’est pas capable d’honorer, on ne peut qu’accepter la démission".

Tribune de soutien avortée

Du côté de l’Elysée, on parle d’un coup de fil entre François de Rugy et Emmanuel Macron ce mardi matin, alors que le chef de l’Etat poursuivait sa visite officielle en Serbie. Même son de cloche qu’à Matignon : au Château, on nie toute idée d’éviction d’un ministre qui serait devenu trop encombrant. "Nous avons reçu des signaux positifs de Matignon et de l’Elysée", jure-t-on du côté du ministère de l’Ecologie, évoquant même un "soutien sans faille" des deux têtes de l’exécutif. 

Finalement, le vernis a peut-être craqué du côté de la majorité, où l’affaire de "la tribune avortée" a laissé des traces. "C’est nous qui avons décidé de débrancher (cette tribune) car il y avait des divisions au sein du bureau du groupe" LaREM à l’Assemblée nationale. "Cela a été la goutte de trop. Nerveusement, c’était trop compliqué." Jusqu’à la cassure survenue ce mardi après-midi. Et cette conclusion implacable : "Quelque part, Mediapart a gagné."

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