Démission de Nicolas Hulot : stupeur et récupération politique

Démission de Nicolas Hulot : stupeur et récupération politique

RÉACTIONS - Rentrée en fanfare pour la classe politique, qui apprenait ce mardi 28 août au matin la démission surprise de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique. Récupération politique oblige, chacun y va de se son commentaire. Florilège de réactions.

Il a exhorté chacun à ne pas se laisser aller à la récupération politique, mais cette partie de son discours... est plutôt passée inaperçue. Car quelques instants après la démission surprise de Nicolas Hulot, annoncée en direct sur France Inter, les réactions politiques commençaient déjà à affluer, de réseaux sociaux en plateaux TV. 

Du côté des écolos, d'abord, le fait que Nicolas Hulot jette enfin l'éponge est l'occasion d'un gigantesque cri du cœur : Vous voyez, on vous l'avait bien dit. Yannick Jadot est tête de liste EELV pour les élections européennes. Sur LCI, il explique quelques minutes après l'annonce : "Emmanuel Macron a manipulé Nicolas Hulot comme il l'a fait avec Jean-Louis Borloo, il utiliser et piétine les engagements sincères mais reste le meilleur ami des lobbies. (...) Je veux dire la sympathie des écologistes pour Nicolas Hulot, il a eu bien plus de courage que ce gouvernement. L'écologie de Macron c'est celle du renoncement et de la lâcheté."

Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen Les Verts, détaille un problème plus large : "Aujourd'hui, les nécessaires transformations écologiques nécessitent une majorité dans la société, et cette société ne donne pas cette majorité. Si demain il y avait un gouvernement de gauche, il aurait les mêmes problèmes !". Quant à Corinne Lepage, ancienne ministre de l'écologie, elle se fend d'une phrase laconique : "Au moins, les choses sont claires : le gouvernement se moque de l'environnement." 

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A gauche, c'est plus ou moins la même chose. On salue en tout cas bien bas la décision de Nicolas Hulot de quitter le gouvernement. Ségolène Royal indique sur Twitter qu'elle "respecte le choix de Nicolas Hulot. Il prouve que les batailles pour l'environnement, je le sais d'expérience, sont très difficiles mais tellement cruciales. La France doit garder le leadership climatique et être au combat avec les forces vives de la planète qui espèrent."

Leader du mouvement Générations et candidat déçu de la présidentielle 2017, Benoît Hamon "salue la décision courageuse de Nicolas Hulot qui dévoile la réalité du pouvoir sans précédent de l'argent et des lobbys de l'intérieur même du gouvernement qui bloque la transition écologique indispensable."

Le chef de file de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, voit dans cette actualité un écho à son discours de la semaine précédente, largement axé sur l'écologie, où il lançait effectivement une pique en direction de Nicolas Hulot : "On l'aime bien, mais enfin il se fout de nous!", avait-il alors déclamé. Ce mardi, sur Twitter, il affirme que "la macronie commence sa décomposition". Même son de cloche chez Eric Coquerel : "Habituellement on demande la démission d'un ministre, dans le cas de Nicolas Hulot, je salue son départ. Il le fait en dressant le bilan implacable de la politique d'Emmanuel Macron en matière environnementale et climatique alors que la terre brûle sous nos yeux."

Pour Sarkozy, la vérité est ailleurs

A droite, Alain Juppé verse dans la louange. Et se dit "impressionné par la hauteur de vue et la noblesse de la démarche" de Nicolas Hulot. "J'espère qu'au-delà du buzz politique inévitable cette décision nous incitera tous à réfléchir et à changer", ajoute-t-il.

Pas un mot positif, en revanche, de la bouche de Nicolas Sarkozy. L'ex-chef de l'Etat, habituellement discret dans les médias, n'a pas dû apprécier de voir sa rentrée politique grignotée par l'actualité Hulot. Invité sur France Culture, il a ainsi déclaré : "Qu'il y ait monsieur Hulot ou pas, la question de l'immigration est centrale. Qu'il y ait monsieur Hulot ou pas, la question du montant des impôts qu'on paie est centrale."

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Enfin, dans la majorité, l'heure est à la stupeur. Il aura fallu attendre la mi-journée pour avoir une réaction du Premier ministre Edouard Philippe, qui a finalement diffusé quelques éléments de langage lors d'un déplacement à la conférence des ambassadeurs. Il indique qu'il "prend acte" de la démission de Nicolas Hulot et qu'il "tient à le remercier". "J'ai aimé travaillé avec lui(...) sur les conditions de sortie du Glyphosate". Et d'ajouter : "la détermination du gouvernement est totale à prendre en compte" la transition écologique. D'ici quelques jours, précise-t-il, il présentera au Président de la République la liste de potentiels remplaçants au désormais ex-ministre. 

Pendant ce temps, Richard Ferrand, président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale, tente de colmater les brèches. "Nous avons beaucoup agi depuis 15 mois pour relever les défis climatiques et écologiques. Nous continuerons avec la même détermination le travail pour la transition écologique et solidaire. On ne lâche rien !"

Un (très) long silence

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Matthieu Orphelin, député LaREM lui aussi, est de tendance écolo et de surcroît proche de Nicolas Hulot. Sa décision de quitter le gouvernement, selon lui, "doit sonner comme un électrochoc. Pour tout le monde. Il faut faire plus, beaucoup plus. Pour le climat, la biodiversité, l'environnement, la solidarité. Et changer de modèle et de priorités. Car pour l'instant, on va dans le mur".

Invitée sur Radio Classique, Marlène Schiappa, chargée de l'égalité entre les sexes, est tombée de haut. En apprenant la nouvelle en plein plateau, elle s'est exclamée, interloquée, "C'est une plaisanterie ?!" Long silence interdit, puis : "J'ai l'impression que c'est un ministre qui a plutôt obtenu des choses, qui a réussi à faire entendre sa voix. Je n'ai pas l'impression qu'il entretenait des relations hostiles avec d'autres membres du gouvernement." 

Plusieurs députés LaREM se sont enfin fendu d'un tweet étrangement similaire dans la matinée, rappelant tous les mesures prises par le gouvernement en matière d'écologie, à l'aide d'une liste ordonnée. Aurore Bergé, Ludovic Mendès, Damien Adam ou encore Blandine Brocard énumèrent ainsi "l'arrêt des centrales à charbon d'ici 2022, un grand plan sur l'économie circulaire, la sortie du Glyphosate sous trois ans en France..." Une façon d'éteindre l'incendie ?

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