Démission du gouvernement : Thomas Thévenoud livre sa version

Politique
REMANIEMENT – Depuis la démission surprise de Thomas Thévenoud annoncée par l'Elysée jeudi soir, les raisons de ce "débarquement" restent floues. L'ancien secrétaire d'Etat au Commerce extérieur donne enfin sa version, mais précise qu'il ne compte pas renoncer à son siège de député.

"Je ne suis pas un fraudeur, je suis un contribuable négligent". C'est ce message-là que l'ex-secrétaire d'Etat au Commerce, Thomas Thévenoud , veut que l'on retienne, alors que le Premier ministre l'a contraint à démissionner jeudi soir pour des problèmes liés à sa "situation fiscale". Et si ce proche d'Arnaud Montebourg admet une faute, il jure ne pas avoir voulu tromper l'administration.

"Je n’ai jamais fait de fausses déclarations, jamais dissimulé des revenus ou des éléments de mon patrimoine. Je n’ai jamais trompé l’administration fiscale qui connaissait parfaitement ma situation. Je n’ai fait d’ailleurs l’objet d’aucune procédure pénale", assure-t-il au Journal de Saône-et-Loire , seul média pour lequel Thomas Thévénoud a accepté de répondre, mais par écrit.

En 24h, Thomas Thévenoud livre deux versions différentes

Et pour justifier cette "négligence", l'élu met en avant sa charge de travail trop importante. "Je crois que depuis quelques années je me suis laissé déborder par mon engagement public. Ma vie s’est accélérée et, à mesure que j’assumais de nouvelles responsabilités publiques, les problèmes s’accumulaient dans ma gestion privée. Au fond, ma rigueur dans la vie publique n’a eu d’égale que ma négligence dans la gestion privée", justifie-t-il.

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En effet, Thomas Thévenoud avoue avoir des "problèmes de gestion" depuis trois ans. Il a déposé en retard sa déclaration de revenu de 2012. Il n'a rempli aucune déclaration en 2013 et l'a de nouveau envoyé en retard pour cette année 2014. Mais le député le répète, il a remboursé "toutes les pénalités de retard" : "Aujourd’hui, au regard de l’administration fiscale, je suis à jour de mes obligations déclaratives et de paiements".

Sauf qu' entre jeudi soir et ce vendredi, Thomas Thévenoud livre deux versions contradictoires. "Je n'ai jamais fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire ou fiscale", a-t-il en effet déclaré jeudi alors que Mediapart révélait que l'administration fiscale avait lancé une procédure "d'imposition d'office" à son encontre. Vingt-quatre heures plus tard, Thomas Thévenoud donne finalement raison au site d'information. "Oui, comme je vous l’ai indiqué, l’impôt sur le revenu de 2013 a fait l’objet d’une imposition d’office. La somme a été intégralement acquittée le 1er septembre 2014 pour un montant de 41 475 euros – dont 12 593 euros de pénalités", déclare-t-il au quotidien de Saône-et-Loire. Mais s'il admet une "négligence", Thomas Thévenoud prévient toutefois qu'il ne compte pas renoncer à son mandat législatif. Et ce, malgré les premières critiques de certains de ses collègues socialistes.

> Sur Twitter, Christophe Castaner, député PS, a par exemple exigé le départ de Thomas Thévenoud du groupe socialiste à l'Assemblée nationale :

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