Départ de Benoît Hamon : faut-il s'inquiéter pour la rentrée scolaire ?

Politique

EDUCATION - A une semaine de la rentrée scolaire, Benoît Hamon a confirmé lundi soir son départ du gouvernement. Une décision qui inquiète les parents d'élèves et les enseignants.

Cinq mois et puis s'en va. En désaccord avec la politique "austéritaire" du chef de l'Etat, Benoît Hamon a annoncé lundi soir sur France 2 qu'il ne "participerait pas" à l'équipe Valls 2, dévoilée mardi. Une liberté de parole retrouvée pour cette figure de l'aile gauche du PS qui lui permettra, peut-être, de trouver les mots pour rassurer les enseignants et les parents. Ceux-ci sont en effet inquiets de cette vacance à la tête de l'Education nationale, une semaine avant la rentrée scolaire.

Pour l'historien de l'éducation Claude Lelièvre, un tel départ en pleine rentrée est "complètement inédit". C'est "le signe de l'affaiblissement de la promesse de François Hollande sur la priorité donnée à l'éducation", prévient-il. Bernadette Groison, secrétaire générale de la puissante fédération de l'éducation FSU, juge que cela tombe "à un moment crucial", parce que c'est à la rentrée que le ministre "donne la feuille de route": "Ce n'est pas le moment de s'esquiver sur des sujets comme la question budgétaire, la formation, l'apprentissage, les réformes du collège et du lycée".

De nouvelles "turbulences"

Ne pas donner l'impression de s'esquiver, c'est justement ce à quoi s'emploie l'ex-ministre depuis lundi soir. Sur France 2, Benoît Hamon a martelé sa "grande fierté d'avoir été ministre de l'Education nationale", pendant cinq mois, et affirmé que la rentrée scolaire avait été "bien préparée". Pour preuve, un document de 20 pages publié ce mardi matin par son service de presse. Intitulé "Une école au service de l'égalité réelle : l'action de Benoît Hamon ", il répertorie les grands axes de son – court – mandat, parmi lesquels le budget, réseaux d'éducation prioritaire, numérique ou égalité filles-garçons à l'école. Certes, le successeur de Vincent Peillon s'est employé à alléger le temps scolaire avec son décret du 7 mai 2014 qui permet de rassembler les activités périscolaires en une seule demi-journée, et d'envisager un allongement de l'année scolaire en diminuant les vacances. En outre, il se targue d'avoir obtenu le maintien des 60.000 créations de postes promises durant le quinquennat. Mais pour le monde éducatif, ce départ de dernière minute tombe bien au plus mal.

Ce remaniement n'aide pas à ramener "l'apaisement dont l'école a besoin", regrette Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire. Un nouveau ministre aura-t-il "une nouvelle lettre de mission ? C'est la question politique qui m'inquiète", répond Christian Chevalier, du SE-Unsa, qui redoute de nouvelles "turbulences". Pour Paul Raoult, de la FCPE, première fédération de parents d'élèves, "il faut vite continuer la réforme de l'école, entamée dans le primaire, mais qui reste à faire au collège et au lycée". Benoît Hamon "a fait le choix de privilégier l'homme politique sur sa fonction de ministre", résume Frédéric Sève, du Sgen-CFDT. "On verra si on a un ministre ou un homme politique."

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