Départ de Gérard Collomb : le scénario du vaste remaniement qui se profile cette semaine

Politique
NOUVEAU DÉPART - Après la crise engendrée par le départ précipité de Gérard Collomb, Edouard Philippe et Emmanuel Macron planchent sur la composition d'une nouvelle équipe gouvernementale. Si le scénario d'un large remaniement est retenu en début de semaine, il pourrait conduire à la démission du Premier ministre et à un nouveau vote de confiance à l'Assemblée nationale.

En pleine tempête, l'exécutif cherche à se réinventer. Après le départ fracassant de Gérard Collomb (précédé de Nicolas Hulot et de Laura Flessel), Emmanuel Macron et Edouard Philippe planchent sur la composition d'un nouveau gouvernement qui pourrait être en place dès mardi, à la veille du Conseil des ministres. Un mouvement de troupes qui ne devrait pas se limiter au seul remplacement du ministre de l'Intérieur, selon les derniers éléments qui ont perlé dans les médias. 


Ce sont, à l'arrivée, cinq à dix postes qui pourraient être remplacés (sur 31 ministres et secrétaires d'Etat), selon un décompte établi par le JDD, qui évoque ce week-end de nombreuses pistes de réflexion à la tête de l'exécutif. Plusieurs membres du gouvernement, dont Françoise Nyssen (Culture), Jacques Mézard (Cohésion des territoires) ou Stéphane Travert (Agriculture), pourraient faire leur valise à cette occasion, selon les éléments informels qui fuitent depuis plusieurs jours. 


A l'inverse, le casting des nouveaux entrants potentiels est ouvert, à l'Intérieur, mais aussi à l'Agriculture et à la Culture. En outre, plusieurs ministères ou secrétariats d'Etat pourraient voir leurs contours légèrement modifiés, et certains ministres promus. Le principe du "mix" entre responsables politiques et personnalités de la société civile, pari initial d'Emmanuel Macron, ne devrait en revanche pas être remis en cause. 


"Nous allons entamer l'an II du quinquennat", a indiqué au JDD le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, très proche d'Emmanuel Macron et qui plaide pour "un nouveau souffle". "Le président veut, et je l'accompagnerai sur ce chemin, poursuivre l'intensité des réformes et fédérer davantage." 

Remettre les compteurs à zéro

Si la piste d'un large remaniement est bien retenue, comme semble l'envisager Richard Ferrand, elle s'accompagnera durant la semaine d'une démission du gouvernement d'Edouard Philippe (article 8 de la Constitution). Dans ce cas, le Premier ministre présentera une nouvelle équipe - le gouvernement "Philippe III" - au chef de l'Etat, qui validera les nominations dans la foulée. 


Afin de retrouver une dynamique politique, Edouard Philippe devrait, dans les heures qui suivent, prononcer un discours de politique générale devant l'Assemblée nationale (article 49 de la Constitution) et engager la responsabilité du gouvernement. Si la semaine promet d'être agitée dans l'hémicycle, le vote de confiance ne devrait pas faire l'objet en lui-même d'un suspense particulier, compte tenu de la majorité écrasante dont bénéficie LaREM à l'Assemblée. 


Dans le scénario initialement prévu, le remaniement ministériel ne devait intervenir, au mieux, qu'au printemps, dans la perspective des élections municipales de 2020. En quittant le gouvernement pour briguer un nouveau mandat à Lyon, Gérard Collomb a précipité les événements. Reste à savoir si le grand chambardement qui s'annonce suffira à mettre un terme à la crise larvée au sein de l'exécutif, déclenchée, fin août, par le départ de Nicolas Hulot. 

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