Déposer des ordures contre les ramassages irréguliers, déverser des rats chez un bailleur négligent : la France insoumise veut pousser les citoyens à "s'auto organiser"

PASSAGE À L'ACTION - Lundi 6 novembre, la France insoumise déroulait sa méthodologie pour inciter les citoyens à se prendre en main pour concrétiser leurs revendications au quotidien et obtenir satisfaction. Une méthode illustrée d'exemples pour le moins concrets.

La politique ne se limite pas à la défense acharnée d'amendements, à des exercices rhétoriques dans les assemblées parlementaires ou aux convictions battant à froid le bitume lors des manifestations. C'est aussi l'action au quotidien, et la France insoumise entend bien en convaincre les citoyens. Et a d'ailleurs profité d'une conférence de presse où il était d'abord question de lutte contre l'évasion fiscale pour évoquer la question.

"Redonner le pouvoir au peuple"

Une diversification du mode d'action qui porte un nom, bien connu des habitués de la contestation sociale : "l'auto-organisation". Késaco ? Si on résume ce qu'en dit Leila Chaibi, en charge de la question pour la France insoumise avec l'ancien président de l'Unef William Martinet, il s'agit de "redonner directement le pouvoir au peuple" en l'incitant, par une action "directe", "revendicative" et "non-violente", à obtenir ce qui lui est dû. 


Et l'ancienne figure de Nuit Debout, candidate malheureuse aux législatives de Paris, de citer des exemples "utiles tout de suite" : "Aller déverser une cargaison de rats chez un bailleur social" quand "des appartements sont infestés par des rats", "déverser des ordures devant la mairie pour réclamer un ramassage plus fréquent des ordures", ou "organiser une pétition avec des habitants parce que l'ascenseur est en panne trois mois par an". Pour faire simple : aller directement devant les instances responsables et les rappeler à leur devoir quand elles y manquent.


La méthode a déjà marché, fait valoir Leïla Chaibi. "Dans le Maine-et-Loire, un problème d'humidité dans un immeuble générait des problèmes d'asthme, de la formation de champignons... des militants sont allés taper aux portes [...] le bailleur social a réagi et a lancé les travaux pour rénover le bâtiment".

Souvenirs de Génération précaire et Jeudi noir

Une façon de faire qui "nécessite d'aller à rebours des réflexes militants classiques", enchaîne la militante, "d'aller chercher les colères quotidiennes et concrètes des gens". Une façon de faire qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler les méthodes de  Génération précaire ou Jeudi noir, associations où Leïla Chaibi a fait ses classes, célèbres pour leurs actions coups de poing et médiatiques.


Le rôle de la France insoumise là-dedans ? Former et motiver les citoyens intéressés à se prendre en main. Des ateliers auront ainsi lieu dans toute la France, sur une "quinzaine de territoires". A rebours, donc, là aussi, d'une action politique verticale, décidée d'en haut et appliquée en bas, "où les élus ont la charge de faire à la place des citoyens". Alors que Jean-Luc Mélenchon reconnaissait il y a peu que "Macron avait [marqué] le point" après les premiers mois de confrontation entre le pouvoir et l'opposition, en dépit de réformes particulièrement fortes dans leur rupture avec le modèle social français, le changement de méthode est de mise.

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

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