"Des dossiers très lourds en matière culturelle" : nommé au Conseil constitutionnel, Michel Mercier s'explique sur l'emploi de sa fille au parlement

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MISE À PLAT - Le jour même de sa nomination au Conseil constitutionnel, Michel Mercier a fait face à des révélations plutôt embarrassantes du "Canard Enchaîné" : l'emploi de sa fille comme assistante parlementaire alors qu'elle habitait à Londres... Pendant son audition au Sénat, il a reconnu et justifié cette pratique.

Sans grande surprise, le sénateur Michel Mercier a été nommé ce mercredi 2 août, au Conseil constitutionnel. Les résultats du vote sont sans équivoque : 22 voix pour et 7 contre. Il siégera donc désormais à la place de Nicole Belloubet, l'actuelle Garde des sceaux. Celui qui avait été choisi par Gérard Larcher n'a donc pas été inquiété par les révélations du Canard Enchaîné sur un possible cas d'emploi fictif.


Car ce mercredi matin, le Palmipède révélait que le sénateur avait employé ses deux filles comme assistantes parlementaires, de 2003 à 2014. C'est surtout l'embauche de la cadette, Delphine, historienne de l'art, qui posait question. La jeune femme a travaillé au Sénat de septembre 2012 à avril 2014 alors qu'elle habitait à Londres où elle était également responsable des collections d'ethnographie à l'University College London. A l'agenda chargé, s'ajoute donc la question du profil, plutôt atypique pour une assistante parlementaire.

À l’époque je conduisais des dossiers, localement, très lourds, en matière culturelle, et très difficilesMichel Mercier, sénateur MoDem du Rhône

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Emplois familiaux : Auditionné pour sa nomination au Conseil constitutionnel, Michel Mercier s'explique

Auditionné par la commission des lois pour confirmer sa nomination au Conseil constitutionnel, Michel Mercier a étayé sa défense. "Il est tout à fait exact –  il n’y a pas de raison de le cacher, en plus ce n’est pas interdit, ce sera interdit quand la loi sera votée – j’ai employé une de mes filles d’août 2012 à avril 2014 sur des points très particuliers parce qu’à l’époque je conduisais des dossiers, localement, très lourds, en matière culturelle, et très difficiles", a-t-il indiqué. Le sénateur du Rhône n'a cependant pas expliqué ce qu'étaient ces dossiers, alors qu'il ne siégeait à l'époque dans aucune commission liée de près ou de loin avec ce domaine.

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Concernant son lieu d'habitation, là encore, il a réfuté toute incohérence : "Elle était domiciliée en France. Je l’ai vérifié ce matin, le contrat avait été corrigé avant août 2012 au bureau de l’Agas (l’Association pour la gestion des assistants de sénateurs, ndlr). Ce qui a été publié (par le Canard Enchainé, ndlr) n’a jamais été le contrat qui a été appliqué."

Et pour clouer le bec aux derniers sceptiques, il n'a pas hésité à jouer des violons : "Comme elle était à temps partiel, elle a cherché des emplois ailleurs, pour bien vivre. Et aujourd’hui,  à Londres, elle a des emplois, des petits boulots, dans les domaines des musées, de la culture, et comme vous êtes des parents, beaucoup d’entre vous, elle a besoin de ses parents. Tous les mois."

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La loi de moralisation aurait-elle pu empêcher les récents scandales ?

Le député LR Phlippe Bas s'est immédiatement réjoui de ces explications "spontanées". Aucun membre de la commission des Lois n'a souhaité posé de questions complémentaires sur ce sujet. 


Dans la journée, la Garde des Sceaux elle-même avait reconnu que cette situation ne pourrait plus exister à l'avenir, suite à la loi de moralisation de la vie publique et à l'interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires. Mais au moment des faits "la loi n'avait pas été votée". Circulez, y'a rien à voir.

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