Des proches de Jean-Marie et Marine Le Pen dans les "Panama Papers"

Politique

ENQUÊTE - Dans la foulée des révélations sur le scandale d'évasion fiscale des "Panama Papers", le journal Le Monde a mis en cause mardi matin deux proches de Marine Le Pen, présidente du Front national. La veille, Florian Philippot assurait que son parti n'était pas concerné. Par ailleurs, un proche de Jean-Marie Le Pen figure aussi dans la liste.

Quel sera le "grand parti français" impliqué dans les "Panama Papers", ce scandale mondial d'évasion fiscal révélé ce week-end par une centaine de journaux ? Pas le Front national, assurait lundi soir Florian Philippot, préférant tuer la rumeur dans l'œuf.

Pourtant, ce mardi matin, le journal Le Monde affirme que les fichiers révélés par la presse mondiale, mettant en lumière un système de dissimulation d'avoirs financiers dans des centres offshore d'Asie et des Caraïbes, font apparaître les noms de deux proches de Marine Le Pen : l’homme d’affaires Frédéric Chatillon et l’expert-comptable Nicolas Crochet.

"Montage complexe"

Le Monde, qui précise que les deux hommes sont mis en examen dans l'enquête sur le micro-parti de Marine Le Pen et le financement des élections de 2012, évoque "un système offshore sophistiqué mis en place entre Hong Kong, Singapour, les îles Vierges britanniques et le Panama". Ce système aurait été utilisé "pour sortir de l’argent de France, au moyen de sociétés écrans et de fausses factures avec la volonté d’échapper aux services antiblanchiment français". Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen, dirige Riwal, l'entreprise devenue le principal prestataire du parti d'extrême droite pour la communication des campagnes électorales.

Selon le quotidien du soir, Frédéric Chatillon et Nicolas Crochet auraient, en 2012, fait sortir 316.000 euros du territoire français, afin de réinvestir une partie de cette somme dans une société de Singapour dirigée par un ami, Pascal Xatart, sans avoir à s’expliquer sur l’origine des fonds. Ils auraient échafaudé pour cela un "montage complexe".

Défense préventive

Sur i>Télé, le numéro 2 du FN avait lancé dès lundi soir des menaces à ceux qui voudraient "porter atteinte à l’honneur et à la réputation de ses dirigeants, de ses adhérents et de ses électeurs", affirmant qu'il "n’hésiterait pas en conséquence à engager des poursuites judiciaires contre tous ceux qui se compromettraient dans la diffamation la plus grave".

Quant à Frédéric Chatillon, il a pris les devants sur son compte Facebook , assurant une défense préventive face aux possibles informations du Monde sur le sujet.

Les "Panama Papers" concerneraient aussi Jean-Marie Le Pen

Interrogé sur les déclarations de Frédéric Chatillon, Florian Philippot a également affirmé : "Tout cela est parfaitement légal". "De toute façon il n'a aucune responsabilité au FN", a-t-il ajouté. Jean-Marie Le Pen ? "Je ne pense pas", a encore répondu le vice-président du FN. "Et si son nom apparaissait, il faudrait lui demander à lui-même". 

Le nom de Jean-Marie Le Pen n'est en effet pas directement cité dans les "Panama Papers", mais celui d'une société offshore, dont l'ayant droit est Gérald Gérin, majordome et homme de confiance de Jean-Marie Le Pen, apparaît dans la vaste enquête menée par l'Icij. Des révélations qui intéresseront le parquet national financier, qui soupçonne le fondateur du FN de s'être servi de son homme de confiance pour dissimuler une partie de sa fortune dans les Caraïbes. Des soupçons de fraude fiscale qui ont amené les enquêteurs à perquisitionner le domicile du fondateur du FN, ainsi que celui de Gérald Gérin. 

Dans un entretien publié mardi par Le Parisien, Jean-Marie Le Pen nie être impliqué dans ce qu'il nomme ironiquement le scandale "Panama Pampers". "Ce n'est pas mon argent. Gérald Gérin, c'est Gérald Gérin, moi c'est moi. Et ceux qui affirmeront le contraire auront droit à un procès en diffamation", a-t-il déclaré au quotidien.

Le Monde, lui, l'assure : "la cellule anti-blanchiment de Bercy, Tracfin, a trouvé de multiples éléments reliant cette société, dotée de 2,2 millions d'euros, à Jean-Marie Le Pen". De son côté, Gérald Gérin affirme que cet argent "n'a rien à voir" avec le fondateur du FN.

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