"Désolant et un peu ridicule" : la journaliste qui a révélé l'affaire Benalla répond au "complotisme facile" de l'Etat

"Désolant et un peu ridicule" : la journaliste qui a révélé l'affaire Benalla répond au "complotisme facile" de l'Etat

RÉACTION - Pourquoi l'affaire Benalla a-t-elle été rendue publique deux mois et demi après les faits ? Emmanuel Macron a affirmé jeudi : "Il y a des gens qui avaient intérêt à ce que cela sorte" . Auprès de LCI, Ariane Chemin, à l'origine de l'enquête du Monde, juge "désolant et un peu ridicule" ce qu'elle appelle un "complotisme facile".

Il a attendu une semaine entière pour s'exprimer devant la presse, au sujet de l'affaire Benalla. Depuis sa mise au point (presque) confidentielle auprès des députés LREM mardi 24 juillet, Emmanuel Macron, en déplacement sous l’œil attentif des caméras, distille des éléments de réponse. Sa ligne de défense ne varie pas : il reconnaît sa "responsabilité" dans cette affaire tout en réfutant une quelconque dissimulation de l'Elysée et argue qu'une "République exemplaire, ce n'est pas la République qui fait zéro faute".


Et puis, au détour de ses déclarations, cible pêle-mêle les commentateurs, l'emballement médiatique et la presse - qui "a dit beaucoup de bêtises sur soi-disant des salaires, des avantages" et "qui ne cherche plus la vérité". Au micro de France-Bleu Béarn, il précise : "La question que vous pouvez poser c'est pourquoi certains l'ont sorti deux mois et demi plus tard ? (...) C'est sans doute qu'il y a des gens qui avaient intérêt à ce que cela sorte deux mois et demi plus tard quelques jours après la Coupe du monde de football."

On publie quand on est prêtAriane Chemin

Qui vise donc Emmanuel Macron par cette insinuation ? Le journal Le Monde, à l'origine de l'article sur l'affaire Benalla ? Les sources, qui auraient éventuellement permis à l'article de voir le jour ? L'opposition, qui y trouve un intérêt politique ? A l'instar de la petite phrase -"qu'ils viennent me chercher" - prononcée mardi devant les députés, il apparaît difficile de comprendre exactement qui sont "ces gens" qui se retrouvent aujourd'hui dans le viseur du Président de la République. Mais toujours est-il que ces déclarations sous-entendent l'existence d'un agenda, savamment calculé pour lui nuire.


Contactée par LCI, Ariane Chemin, la journaliste du Monde qui a signé l'enquête, réagit : "Je trouve désolant et un peu ridicule qu'à la tête de l'Etat, on soit dans un complotisme aussi facile. Chacun sait comment se fabriquent des enquêtes. C'est long et méticuleux : on publie quand on est prêt. C'est quand j'ai eu la quasi-certitude, la semaine dernière, que l'homme casqué qui apparaissait sur les vidéos était Alexandre Benalla que j'ai appelé ce dernier. Dans la foulée, j'ai appelé le directeur de cabinet du président de la République qui a confirmé."


Depuis mercredi 18 juillet, l'affaire Alexandre Benalla - ce collaborateur du Président aperçu en train de frapper des manifestants, le 1er mai dernier à Paris, un brassard police au bras - secoue à la fois l'Elysée et la préfecture de police. Cinq personnes ont depuis été mises en examen. 

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