Dette d'Autolib' : Anne Hidalgo n'exclut pas de se passer de l'industriel Bolloré

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MOBILITE - Dans une interview aux Echos, Anne Hidalgo juge "extravagante" la demande de l'industriel Vincent Bolloré, qui réclame 46 millions d'euros par an aux collectivités pour continuer à gérer Autolib. Reconnaissant que le modèle n'est "pas rentable", la maire de Paris envisage même d'autres systèmes d'autopartage.

Il est bien loin le temps où Bertrand Delanoë et Vincent Bolloré inauguraient bras dessus, bras dessous, le service Autolib'. Sept ans après, c'est le casus belli entre la maire de Paris, Anne Hidalgo, et l'industriel milliardaire. Alors que le service d'autopartage, symbole de l'ère Delanoë, accuse un déficit prévisionnel de près de 180 millions d'euros, le groupe Bolloré réclame aux collectivités (dont le principal financeur est Paris) pas moins de 46 millions d'euros par an pour écoper cette dette qui ne cesse de se creuser.


Et pour l'instant, c'est niet. Dans une interview accordée aux Echos samedi, Anne Hidalgo, déjà empêtrée dans le "Vélibgate" dénonce une somme "extravagante". "Il est hors de question que les communes, et donc les contribuables, la prennent à leur charge", rétorque la maire de Paris. 

"Poser la question du modèle"

Mais Anne Hidalgo va beaucoup plus loin. "Au-delà du coût, je veux poser la question du modèle", lance-t-elle en forme d'avertissement à l'industriel. Car si Autolib' a "ouvert la voie d'un nouvel usage de la voiture", "force est de constater qu'il n'est pas rentable", observe-t-elle. 


Et d'indiquer que la Ville va "regarder ce qui se fait ailleurs", comme les systèmes d'autopartage en "free floating" (sans station fixe) comme le pratique déjà le constructeur Renault. "Il y a des discussions avec différents constructeurs", ajoute Anne Hidalgo, marquant son intérêt pour un tel système qui serait exclusivement assumé par les groupes privés. Elle n'exclut pas pour autant l'autre "option", qui consisterait à conserver "un service public avec une part de financement public" afin de maintenir des tarifs abordables, à condition que les villes qui accueillent Autolib' soient prêtes à suivre. 


La maire de Paris propose une discussion avec les élus "à l'échelle métropolitaine", afin de trouver une solution "bien avant" la fin du contrat prévue avec Bolloré, en 2023. Et bien avant les élections municipales ?

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