Mort de Jacques Chirac : en quoi va consister la journée de deuil national ?

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La mort de Jacques Chirac

HOMMAGE – Emmanuel Macron a décrété jeudi soir une journée de deuil national en mémoire de Jacques Chirac, décédé à l’âge de 86 ans. En quoi consiste cette décision qui, bien que rarissime sous la Ve République, s’est malheureusement répétée ces dernières années ? Eléments de réponse.

Pour la huitième fois seulement depuis 1958 et l'avènement de la Ve République en 1958, la France va observer un deuil national. Après la mort de Jacques Chirac, décédé jeudi matin à l’âge de 86 ans, l’Elysée a annoncé jeudi en fin d’après-midi que ce lundi 30 septembre serait un "jour de deuil national". Un service solennel, qui sera célébré par Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, se déroulera dans l'église Saint-Sulpiceà 12h, la cathédrale Notre-Dame, où ont traditionnellement lieu les services religieux officiels, étant fermée au public depuis l'incendie qui l'a ravagée le 15 avril dernier.

Il faut remonter à 2016 et au tragique attentat de Nice, qui avait poussé François Hollande à décréter trois jours de deuil national, comme il l’avait déjà fait après les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Quelques mois plus tôt, à la suite du massacre de Charlie Hebdo, le chef de l’Etat avait annoncé cette fois une journée de deuil national. Quatorze ans auparavant, c’est Jacques Chirac qui, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, avait également annoncé pareil hommage. Celui-ci fut le seul à honorer des personnes décédées hors du territoire français. 

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Avant ces différentes attaques terroristes, cette décision n'avait été prise qu'à la mort des présidents de la République : Charles de Gaulle en 1970, Georges Pompidou en 1974 et François Mitterrand en 1996. Cette année-là, comme le montre cette circulaire d'Alain Juppé, alors Premier ministre de Jacques Chirac, instruction avait été donnée de mettre les drapeaux en berne sur tous les bâtiments et édifices publics et d'organiser "un moment de recueillement permettant aux agents des services publics [...] de s'associer à la cérémonie" qui eut lieu à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 11 janvier 1996. Et le texte de préciser que "les enseignants qui le souhaitent" pouvaient "consacrer un cours de cette journée à l'évocation de la mémoire de l'ancien chef de l'Etat". 

Des modalités fixées par le chef du gouvernement

"C’est le président de la République qui signe le décret portant deuil national. Il peut décréter un ou plusieurs jours de deuil", détaille le site officiel Vie-Publique. "Lorsque le président de la République décède dans l’exercice de ses fonctions, il revient au président du Sénat qui exerce l’intérim de déclarer le deuil national. Ce fut le cas en 1974, après la mort du président Georges Pompidou."

"Le Premier ministre est chargé de fixer les modalités du deuil", poursuit le texte. "Il existe peu de dispositions juridiques sur la façon dont doivent se tenir ces journées mais les drapeaux sont mis en berne sur les bâtiments et édifices publics. Dans certains cas, le Premier ministre peut demander l’organisation d’une minute de silence."

Une circulaire publiée vendredi matin détaille les conditions de la journée de deuil national du 30 septembre. Les drapeaux de "tous les bâtiments ou édifices publics" seront mis en berne. En outre, les ministères devront organiser à 15 heures "un moment de recueillement permettant aux agents des services publics de s'associer à ce deuil national". Enfin, "les enseignants qui le souhaitent pourront également consacrer un cours de cette journée à l'évocation de la mémoire de l'ancien chef de l'Etat".

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À noter qu’avant la Ve République, le deuil national ne fut organisé qu’à une seule reprise, après des inondations meurtrières survenues dans le sud de la France en 1930, lors desquelles plus de 300 personnes ont perdu la vie.

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