Dirigeants d'Air France agressés : ces images "font mal à la France", estime Valls

Politique

CONFLIT - En réaction aux violences dont ont été victimes notamment deux dirigeants d'Air France-KLM lundi alors que se tenait un Comité central d'entreprise, le Premier ministre s'est rendu au siège de la compagnie. Devant la presse, il a manifesté sa solidarité avec la direction de la compagnie et appelé les syndicats, particulièrement les pilotes, à "prendre leurs responsabilités".

Manuel Valls s'est rendu mardi au siège d'Air France à Roissy. Il a rencontré la direction de la compagnie, notamment le DRH Xavier Broseta, violenté la veille avec un autre responsable de l'entreprise, Pierre Plissonnier. Le Premier ministre a tenu une réunion à huis clos avec la direction avant de faire une déclaration à la presse au cours de laquelle il a réitéré les condamnations des violences de la veille qui ont fait le tour du monde.

"Je suis venu ici, à Air France, parce qu'Air France est sous le choc, marqué par les événements qui se sont déroulés hier et par ces images dures, difficiles à supporter, cette violence qui n'a pas sa place dans notre société", a déclaré le Premier ministre. Avant d'estimer que les images des dirigeants de la compagnie agressés "font mal à notre pays", car elles "jouent sur l'image d'Air France et de la France".

L'Etat ne jouera pas les arbitres

"Rien ne peut justifier de tels agissements (…) qui sont des agissements de voyous", a-t-il poursuivi. Rappelant notamment que des syndicalistes ont tenté lundi de protéger les dirigeants pris à partie par des salariés déchaînés, le Premier ministre a déclaré que la "justice devra identifier les auteurs de cette violence inacceptable. Il faudra des sanctions lourdes (à l'égard des responsables)".

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Une fermeté dont il ne s'est pas départi au moment d'évoquer la situation économique d'Air France et les "efforts considérables qui doivent encore être faits" par la compagnie, dont "l'avenir est en jeu", a prévenu le chef du gouvernement. Ce denier n'a, à ce titre, pas ménagé les syndicats de pilotes, tout particulièrement le SNPL, leur demandant de prendre leur responsabilité. "L'absence de débat, le statu quo n'est pas possible", a encore martelé Manuel Valls devant la presse, soulignant soutenir "la direction dans cette entreprise de redressement indispensable".

Pour autant, l'Etat, actionnaire à hauteur de 17% dans la compagnie française ne compte pas jouer les intermédiaires entre les acteurs du dossier, comme l'avait déjà indiqué plus tôt, ce matin, au micro de RTL le ministre des Transports Alain Vidalies. Nul doute néanmoins que Matignon suivra de très près les futures négociations au sein de la compagnie puisque l'actuel conseiller social de Manuel Valls, Gilles Gateau, devrait prochainement devenir le nouveau directeur des ressources humaines d'Air France, rapporte mardi des sources concordantes. Une nomination qui aurait été négociée avant les violences perpétrées lundi dans le cadre du Comité central d'entreprise au cours duquel 2900 possibles nouvelles suppressions de postes ont été annoncées.

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