Discothèques : "Pour l'instant, il n'y a pas de perspectives de réouverture", admet le ministre chargé des PME

Discothèques : "Pour l'instant, il n'y a pas de perspectives de réouverture", admet le ministre chargé des PME
Politique

L’INTERVIEW POLITIQUE – Le ministre délégué aux petites et moyennes entreprises, Alain Griset, a indiqué ce jeudi sur LCI que le gouvernement travaille à l’élaboration de "dispositifs" sanitaires "qui permettent de faire la fête", mais si aucune réouverture des discothèques n’est, pour l’heure, envisagée.

La crise du coronavirus a mis l’économie a l’arrêt, et certains secteurs n’ont toujours pas redémarrer. C’est le cas du monde de la nuit, où les discothèques restent portes closes depuis le mois de mars. Face à cette situation qu’il juge "très difficile", Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, chargé des petites et moyennes entreprises (PME) assure que son objectif est d’avoir "le feu vert des autorités de santé pour une réouverture" prochaine. Mais il s’est toutefois montré pessimiste. "Pour l’instant, il n’y a même pas de perspectives de réouverture", a-t-il admis, "tant que le Conseil scientifique et le Conseil de défense ne donnent pas le feu vert, nous n’allons pas pouvoir leur permettre de rouvrir."

Il assure pourtant que "les représentants des professions ont mis en place des protocoles" pour accueillir de nouveau du public, "en discutant avec le ministère de la Santé". Alain Griset va lui-même "regarder avec Olivier Véran de quelle manière (...) des dispositifs qui garantissent le fait de pouvoir faire la fête" tout en assurant "la sécurité sanitaire" pourraient voir le jour. L'équation paraît toutefois complexe, tant les scientifiques mettent en garde contre le risque élevé de contaminations au Covid-19 en intérieur.

Face à cette situation, l’État vient en aide aux professionnels du secteur de façon "beaucoup plus importante que dans d’autres activités", assure le ministre. "J’ai très vite été à leur écoute, je les ai même reçus dès mon arrivée. Pour l’instant, nous avons trouvé une solution temporaire, mais qui n’est pas satisfaisante pour tout le monde, et nous allons continuer à travailler pour trouver une solution plus pérenne."

"Si le masque évite le blocage de l’économie, il faut tous qu’on le porte"

Le monde de la nuit n’est pas le seul à souffrir depuis la crise du coronavirus, les entreprises devant s’adapter aux nouvelles consignes sanitaires, avec notamment le port du masque. "Nous devons garantir la sécurité sanitaire", mais aussi "la reprise économique et le développement de l’activité", indique Alain Griset. "Nous ne pouvons pas envisager qu’il y ait de nouveau un confinement général", qui impliquerait une deuxième fois un "blocage de l’économie." "Si le port du masque est un passage qui nous évite le blocage de l’économie, il n’y a pas de doutes, il faut tous qu’on le porte", assure le ministre.

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Un nouveau confinement pourrait d’ailleurs avoir de nombreuses conséquences sur les emplois, alors que l’État a déjà investi beaucoup pour les sauvegarder durant la première vague de l’épidémie. "Cela a coûté beaucoup d’argent, mais cela coûtera encore plus si les entreprises ferment", justifie Alain Griset. "Nous faisons tout pour maintenir le maximum d’entreprises. Il arrivera un moment où ce virus aura une fin. Il faudra alors être prêt pour que l’on puisse reprendre l’activité économique du mieux possible."

"L’État a mis en place beaucoup de dispositifs, et on va continuer à les adapter en fonction de la situation", assure le ministre chargé des PME. "Avant le coronavirus, la France était dans une situation de croissance avec une diminution du chômage. Les éléments structurels sont là pour que nous puissions reprendre" rapidement.

"Le gouvernement a décidé de ne pas augmenter les impôts"

Interrogé par Christophe Beaugrand et Marie-Ève Malouines sur les impôts, Alain Griset l’assure : ils n’augmenteront pas pour supporter les investissements consentis par l’État. "Le gouvernement a décidé de ne pas augmenter les impôts. Au contraire, nous allons continuer de baisser la taxe d’habitation et l’impôt de production pour les entreprises", indique-t-il. "C’est un message très fort pour donner confiance aux Français : nous n’allons pas vous taxer. Si vous avez de l’argent, si c’est possible pour vous, vous pouvez consommer." La baisse de l’impôt de production "de 20 milliards sur deux ans" pour les entreprises sera "appliquée en 2021", et doit permettre aux entreprises "d’investir et de revenir en France pour celles qui étaient parties".

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Pour financer ces investissements sans augmenter les impôts, Alain Griset compte sur la croissance. "Il n’y a pas de cagnotte secrète, ni d’argent magique", assure-t-il. "Il y a une dette qui s’aggrave, mais la France est un pays crédible par rapport à ceux qui nous prêtent de l’argent. À un moment donné, il faudra rembourser. Nous parions sur le fait que la croissance dans l’avenir sera importante pour combler les déficits."

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