A droite comme à gauche, le candidat Hollande démasqué

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CACHOTTERIES - La classe politique de tous bords a vivement réagi au discours de François Hollande à Paris ce jeudi. Beaucoup dénoncent un discours sur le terrorisme dissimulant sa véritable intention : sa candidature à la présidentielle de 2017.

En pleine phase d'impopularité, François Hollande s'est posé ce jeudi en défenseur de l'état de droit face au terrorisme. Le président de la République a évoqué la menace qui plane sur la France dans son discours salle Wagram, dans le 17e arrondissement de Paris, affirmant être déterminé à poursuivre "obstinément le combat". 


L'allocution du président a été saluée par ses alliés du Parti socialiste, dont le Premier ministre Manuel Valls qui a loué "un président,  incarnation du suffrage universel" et par Jean-Christophe Cambadélis pour qui il s'est montré "prêt au combat pour défendre une certaine idée de la France". Olivier Faure, député en Seine-et-Marne, estime quant à lui que François Hollande "serait un très bon candidat", précisant néanmoins que le président n'a pas officiellement annoncé sa candidature. "C’était une communication du président sur les démocraties face au terrorisme, a-t-il affirmé. Il a tracé un chemin, il a rappelé ce que devait être la réponse que nous devons apporter aux terroristes."

Mais pour l'opposition, le thème de "la démocratie face au terrorisme" a largement été dépassé. En effet, François Hollande aurait profité de cette apparition pour lancer l'offensive pour l'élection présidentielle de 2017. Interrogée par LCI, la porte-parole des Républicains Valérie Debord estime que cette intervention est mal venue dans un tel contexte : "Faire une conférence de presse en plein état d’urgence, alors que lui-même dit qu’on est en état de guerre juste pour cranter sa candidature à l’élection présidentielle, ce n’est ni à hauteur ni ce qu’attendent les Français." Une impression partagée par le  Danielle Simonnet du Parti de gauche, qui a regretté d'avoir assisté à "un meeting de campagne, comme s'il n'était pas président depuis 5 ans, en voulant enfermer le débat entre deux camps, celui des républicains qu'il prétend incarner contre celui des surenchères".

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Discours de François Hollande : pour la porte-parole Les Républicains, il s'est positionné comme candidat

Les Républicains ont vivement critiqué le discours de François Hollande. "C’est le droit qui doit s’adapter à la réalité de la menace, ce n’est pas le contraire", a scandé le candidat à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy lors de son meeting à Vendôme dans le Loir-et-Cher. "Les Français attendaient un chef de guerre contre le terrorisme, ils ont retrouvé un médiocre, tout petit chef de parti", a déclaré le président du département des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, sur RCJ, jugeant l'exercice "indigne sur la forme".  

C'est un naufrage auquel nous assistonsAlain Juppé



"C'est là un naufrage auquel nous assistons", a de son côté commenté Alain Juppé lors d'un déplacement à Aubervilliers. Christian Estrosi, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur juge lui "regrettable" la prestation de ce "candidat idéologue, déjà engagé dans la campagne des présidentielles, bien longtemps à l’avance alors que des menaces pèsent contre la France".


Le président du groupe UDI à l'Assemblée nationale Philippe Vigier pense lui que Hollande "n’a pas convaincu" : "Ce n’est pas ça qu’on attend en France. La cohésion sociale est moins bonne qu’avant. Il n’a pas montré le chemin." Interrogé à propos de la lutte contre le terrorisme, Florian Philippot déploré le manque de mesures proposées : "Je n’ai entendu aucune réponse de fond contre le terrorisme islamiste, a affirmé le vice-président du Front national. Rien pour réaffirmer et consolider la laïcité, rien pour affirmer la sécurité en France et donc pour sauver la démocratie." 

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