Discriminations raciales : l'ambassadeur de France en Andorre claque la porte

Politique

DÉMISSION - L'ambassadeur de France en principauté d'Andorre, Zair Kédadouche, a démissionné de son poste, se disant victime de discriminations raciales au sein du ministère des Affaires étrangères. Des accusations rejetées mardi par le Quai d'Orsay.

Son cas serait loin d'être unique. Zair Kédadouche, ambassadeur de France en principauté d'Andorre, a démissionné de son poste, se disant victime de discriminations raciales au sein du ministère des Affaires étrangères.

Dans une lettre de démission adressée à François Hollande, datée du 5 mars mais rendue publique mardi , l'ex-ambassadeur écrit : "C'est au ministère des Affaires étrangères que j'ai rencontré le racisme le plus abject et ressenti l'humiliation de ne pas faire partie de la même classe sociale". L'ancien footballeur y explique s'être vu refuser des affectations en raison de son nom, avoir subi des humiliations de ses collègues et avoir dû supporter des différences de traitement. "Certains dirigeants du Quai d'Orsay considèrent mon origine et mon nom comme un handicap", affirme-t-il.

"Silence éloquent" du Quai d'Orsay

Zair Kédadouche accuse sa hiérarchie de ne jamais l'avoir soutenu, mais, au contraire, d'avoir fait preuve d'un "silence éloquent". "Je regrette que pas une seule voix du Quai ne se soit élevée lorsque j'ai été traité publiquement de sale bougnoule, sale Arabe, va mettre tes babouches, retourne dans ton pays".

Des accusations réfutées par le Quai d'Orsay. "Les accusations graves de racisme et de discrimination portées par Monsieur Kedadouche à l'encontre du ministère n'ont aucun fondement et sont inacceptables, a défendu Romain Nadal, porte-parole du ministère. Les inspections et évaluations menées régulièrement ne les ont jamais étayées", a-t-il ajouté lors de son point presse quotidien.

Zair Kedadouche affirme dans sa lettre avoir saisi le Défenseur des droits et déposé plainte auprès du procureur de la République "pour comportements racistes et discriminations sociales de l'administration du Quai". Il précise dans sa missive avoir demandé à revenir à l'Inspection générale de l'Éducation nationale, où il avait été intégré sous la présidence de Jacques Chirac. Le porte-parole a de son côté indiqué n'avoir connaissance à ce jour ni d'une plainte, ni de la saisine du Défenseur des droits.

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