DOCUMENT LCI/TF1 - "Ce que vous avez fait est grave" : au Liban, la colère d'Emmanuel Macron contre un journaliste français

DOCUMENT LCI/TF1 - "Ce que vous avez fait est grave" : au Liban, la colère d'Emmanuel Macron contre un journaliste français
Politique

VIDEO - Emmanuel Macron s'en est pris vivement, mardi soir lors d'une réception au Liban, au journaliste du Figaro Georges Malbrunot, au sujet d'un article relatant les négociations que le président mène en coulisses pour refonder le système politique libanais. Le journaliste s'est dit "surpris par la virulence de cette attaque".

Une prise à partie peu courante de la part d'un président envers un journaliste lors d'une visite diplomatique. Dans une séquence filmée mardi soir par notre journaliste lors d'une réception à Beyrouth, on voit Emmanuel Macron interpeller brutalement le journaliste du Figaro Georges Malbrunot, qui suit pour le quotidien le déplacement du chef de l'Etat au Liban.

"Ce que vous avez fait là, compte tenu de la sensibilité du sujet, compte tenu de ce que vous savez de l'histoire de ce pays, est irresponsable", a lancé Emmanuel Macron au grand reporter, spécialiste du Moyen-Orient, au milieu de la réception. 

"Irresponsable pour la France, irresponsable pour les intéressés ici, et grave d'un point de vue déontologique", poursuit le chef de l'Etat, très en colère. "Vous m'avez toujours entendu défendre les journalistes. Je le ferai toujours. Mais je vous parle avec franchise. Ce que vous avez fait est grave, non professionnel et mesquin."

Deux articles incriminés

Quelle information publiée par le journaliste a-t-elle pu ainsi mettre en colère le président de la République ? Il s'agit de plusieurs éléments parus dans Le Figaro le 31 août et le 1er septembre.  Des articles relatifs à l'action du président français au Liban depuis l'explosion à Beyrouth.

Georges Malbrunot y évoque la première visite du chef de l'Etat, le 6 août, au Liban, qui a précédé le déplacement actuel visant à accompagner le pays dans sa reconstruction. Le journaliste mentionne une "indiscrétion au Figaro" que le président lui-même aurait faite, brandissant "la menace d'imposer des sanctions aux leaders politiques réfractaires aux réformes".  

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Les détails de ces échanges et notamment la mention d'un entretien avec Donald Trump - qui, selon l'Elysée, n'a jamais eu lieu - ont fait sortir le président de ses gonds. Déjà la veille, le journaliste dévoilait la teneur d'un échange entre Emmanuel Macron et un leader du parti Hezbollah au parlement, en citant, sans la nommer, "une source française à Beyrouth".  

"Je veux travailler avec vous pour changer le Liban. Mais prouvez-moi que vous êtes Libanais", aurait lancé Emmanuel Macron à Mohammed Raad, selon le journaliste citant cette source française. "Tout le monde sait que vous avez un agenda iranien [...] Vous voulez aider les Libanais, oui ou non ? Donc rentrez à la maison, quittez la Syrie et le Yémen et faites le boulot ici pour construire un Etat parce que ce nouvel Etat va aussi bénéficier à vos familles", aurait plaidé le chef de l'Etat. Un proche de la mouvance cité par le même article aurait considéré cette entrevue comme "une reconnaissance internationale".  L'article indique que cet entretien aurait duré 8 minutes. L'entourage du chef de l'Etat évoque au contraire une rencontre furtive de quelques secondes dans un couloir.

Sujet hautement sensible

Ce sujet est hautement sensible pour la diplomatie française.  Ainsi en août, Le Monde avait déjà mentionné cette entrevue. L'entourage d'Emmanuel Macron avait alors contesté tout échange bilatéral avec Mohammed Raad, parlant alors d'une rencontre avec un parterre de chefs politiques, toutes sensibilités confondues.  Dans un article de L'Orient Le Jour, Mohammed Raad lui-même a d'ailleurs démenti les propos rapportés par Le Figaro sur cette rencontre.   

Le journaliste se dit "surpris"

Georges Malbrunot a réagi auprès de l'AFP mercredi après-midi. Selon le journaliste, ex-otage de l'Armée islamique en Irak, la discussion avec le président de la République a duré plusieurs minutes. "Je suis très surpris de la virulence de cette attaque, qui est inacceptable et à laquelle j'ai répondu", a-t-il indiqué. "Je me suis expliqué avec l’Élysée, pour moi l'incident est clos."

"Ce que le président lui a reproché, c'est de ne pas avoir donné à l'Elysée la possibilité de réagir à des informations qui le mettaient en cause", a réagi de son côté l'Elysée. "Nous avons échangé avec Georges Malbrunot et Le Figaro. L'incident est clos".

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