"Doute sérieux" sur son patrimoine : ce que Marine Le Pen déclarait posséder en 2012

Politique
ZOOM - La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique reproche à Marine Le Pen et à son père Jean-Marie d'avoir sous-évalué leurs actifs respectifs dans leurs dernières déclarations de patrimoine d'eurodéputés. Durant la campagne pour la présidentielle de 2012, la patronne du FN avait donné des éléments sur son patrimoine.

Elle dénonce "une volonté de nuire" "systématique et outrancière", et a aussitôt annoncé le dépôt d'un recours devant le conseil d'Etat. Mais Marine Le Pen, épinglée par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, qui a annoncé lundi la soupçonner, en même temps que son père, d'avoir sous-évalué son patrimoine dans sa déclaration d'eurodéputée en 2014, pourrait devoir bientôt rendre des comptes à la justice.

Dans son communiqué annonçant qu'il a saisi le parquet financier (celui-ci doit maintenant décider des suites à donner à l'enquête), l'organisme de contrôle estime qu'il existe notamment un "doute sérieux quant à l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité" des déclarations des Le Pen père et fille, du fait de "la sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun" par le fondateur du Front national et son actuelle présidente. La sous-évaluation représenterait les deux tiers de la valeur de leurs actifs respectifs, soit plus d'un million d'euros pour Jean-Marie Le Pen (à qui il est en outre reproché d'avoir omis de déclarer un compte en Suisse et des lingots d'or), plusieurs centaines de milliers d'euros pour Marine Le Pen. On sait que le premier, qui avait notamment hérité du riche industriel Hubert Lambert dans les années 1970, dispose d'une fortune personnelle très conséquente. Mais à combien s'élève au juste le patrimoine de sa fille ?

Des parts dans trois SCI familiales

Comme la plupart des autres candidats à la présidentielle, Marine Le Pen s'était prêtée, en 2012, au jeu du questionnaire sur ses biens personnels que lui avaient adressé L'Express et Slate . "Son patrimoine est difficile à évaluer car il est partagé entre les membres de la famille Le Pen, souvent dans des sociétés civiles immobilières (SCI)", soulignait alors L'Express. Auprès de l'hebdomadaire comme de Slate, Marine Le Pen avait indiqué avoir des parts dans plusieurs SCI familiales : 4,5% de celle du Pavillon de l'écuyer, propriétaire du manoir situé dans le très chic parc de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) – où Marine Le Pen vivait jusqu'à récemment dans une dépendance et où son père possède toujours ses bureaux –, ainsi que 0,57% de la SCI Clergerie-Hugo, qui détenait l'ancien siège du FN à Saint-Cloud (le fameux "Paquebot").

Elle expliquait également détenir, avec son compagnon Louis Aliot, 50% de la SCI Paloma, qui avait acquis deux ans plus tôt, grâce à deux prêts, une villa à Perpignan payée 270.000 euros. Marine Le Pen, qui assurait que ses revenus provenaient exclusivement de ses mandats électifs, confirmait en outre posséder un huitième de la maison familiale de la Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan, que Jean-Marie Le Pen avait légué à ses enfants et petits-enfants en 1999.

Tandis que L'Express soulignait qu'elle ne vivait "pas dans le luxe" et qu'elle souhaitait "corriger l'image 'd'héritière' que lui collent ses détracteurs", Slate mettait en avant le fait qu'elle "ne paie pas l'ISF", contrairement à son père. "Elle a tenu à souligner qu’elle ne possède pas d'objets de valeur mis à part 3.000 euros en napoléons, pas de chevaux et de bateaux ni aucun compte en Suisse ou dans un paradis fiscal", précisait le site. Une opération transparence aujourd'hui mise à mal par la Haute autorité.

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