Droit du sol : en 2003, Nicolas Sarkozy en était le meilleur avocat...

Droit du sol : en 2003, Nicolas Sarkozy en était le meilleur avocat...

Politique
DirectLCI
ARCHIVES - Le président des "Républicains", Nicolas Sarkozy, a évoqué samedi la possibilité de remettre en cause le droit du sol, à l'instar du Front national. S'il a souvent entretenu l'ambiguïté sur la question, il s'était fait l'avocat inflexible de ce principe face à Jean-Marie Le Pen en 2003.

"Faut-il remettre en cause le droit du sol ? Incontestablement, la question peut se poser." La phrase, lâchée samedi par Nicolas Sarkozy devant les nouveaux adhérents des Républicains (LR), fait beaucoup de bruit. Et pour cause : ses propos concernent l'un des fondements de notre droit. La France combine en effet le droit du sang (la nationalité s'acquiert par filiation avec au moins un des deux parents), et le droit du sol (tout jeune né de parents étrangers devient Français à sa majorité s'il est né en France et y a vécu au moins 5 ans depuis ses 11 ans).

L'ex-président de la République, qui s'exprimait auprès du député Eric Ciotti (LR), favorable à une limitation du droit du sol aux seuls citoyens européens, n'a pas lancé l'idée au hasard. Son mouvement a annoncé lundi qu'il lançait un groupe de travail chargé de plancher sur la question ainsi que sur celle, plus large, de la nationalité française. Au passage, la proposition rappelle celle faite par Jean-François Copé, ex-président de l'UMP, en pleine polémique sur la jeune Leonarda fin 2013.

"C'est pour ça que la France est devenue un grand pays"

Le groupe de travail des Républicains pourra donc s'appuyer sur cette séquence qui remonte à 2003  et où Nicolas Sarkozy, évoquant ses propres origines face à Jean-Marie Le Pen, se fait l'avocat le plus intransigeant du droit du sol et juge sa position "irréconciliable" avec celle du Front national.

"Le droit du sang, explique Nicolas Sarkozy lors du débat, c'est une bêtise. Il faut aussi le droit du sol. Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours quelqu'un qui a une idée folle dans la tête. Il y a toujours quelqu'un qui n'a pas un sang suffisamment pur (…) Il y a toujours quelqu'un pour voir jusqu'où ça remonte : aux parents, aux grands-parents ?" Ministre de l’Intérieur à l'époque, Nicolas Sarkozy conclut : "Le droit du sol fait partie de nos traditions. Un enfant né en France a le droit de devenir français. C'est pour ça que la France est devenue un grand pays."

À LIRE AUSSI
>> Droit du sol : l'offensive de Jean-François Copé

>> Dialogue avec l'islam : quand Valls oublie soigneusement de citer Sarkozy

Il est vrai que sur ce thème, Nicolas Sarkozy a varié plusieurs fois. En 2005, en plein débat sur la laïcité, Nicolas Sarkozy avait évoqué la possibilité de "revoir à la marge" le droit du sol pour combattre "les détournements systématiques de procédure. Puis en 2012, il avait promis, lors de la présidentielle, de ne pas y toucher.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter