Droits de succession : Macron contredit Castaner et demande d'"arrêter d'emmerder" les retraités

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IMPÔT - Le délégué général de La République en marche, Christophe Castaner, avait proposé vendredi une réforme de la fiscalité sur les successions pour contrer "les inégalités de naissance". Mais Emmanuel Macron a fait savoir, lundi, qu'il n'était pas question d'y toucher.

Un nouveau chantier fiscal en vue pour Emmanuel Macron ? C'est en tout cas ce que suggérait vendredi le délégué général de La République en marche, Christophe Castaner, à l'occasion de sa conférence de presse de rentrée... avant d'être sèchement contredit par le président.


Le secrétaire d'Etat, proche d'Emmanuel Macron, avait énoncé plusieurs pistes de réformes, tout en précisant qu'il ne s'agissait "que de propositions" faites à l'exécutif, "pas d'annonces" officielles. Il avait plaidé pour "une réflexion sans tabou sur la fiscalité sur la succession", et une "refonte en profondeur" de cette dernière pour lutter contre "les inégalités de naissance qui progressent". Jugeant l'impôt sur les successions "complexe" et "mal accepté", et constatant que l'on hérite "de plus en plus tard" en France, il avait ainsi appelé la majorité à "ouvrir une réflexion" sur le sujet.  "Il ne s'agit pas de faire des recettes supplémentaires", avait toutefois assuré le secrétaire d'Etat. 


Une proposition sévèrement retoquée par Emmanuel Macron. "Les droits de successions et les pensions de réversion, on n'y touchera pas tant que je suis là", a martelé le chef de l'Etat lors d'une réunion avec ses équipes, a indiqué lundi son entourage à LCI, confirmant une information de BFMTV. Il a ajouté : "On a demandé des efforts aux retraités, mais maintenant arrêtez de les emmerder !" Confirmation officielle, ce lundi, de l'Elysée : "Le président de la République exclut toute modification des droits de succession sous sa présidence". 

Un sujet mis en veille

Dans un communiqué publié peu après la réaction du chef de l'État, LaREM dit "prendre acte" de sa décision. "À la tête de LaREM je continuerai à faire vivre le débat et porter les idées qui pourront se traduire ou non dans la réalisation de l’exécutif. C’est l’essence-même de ce mouvement que de proposer", a quant à lui précisé Christophe Castaner.


Depuis son élection, Emmanuel Macron n'a pas souhaité avancer sur ce sujet, malgré l'appel de plusieurs économistes, dont Jean Pisani-Ferry, qui lui avaient recommandé dans une note en juin d'envisager "une taxation plus lourde sur les très grosses successions" afin de compenser les pertes liées à la suppression partielle de l'ISF, réforme très symbolique du début du quinquennat. 


Lorsqu'il était ministre de l'Economie, en 2016, Emmanuel Macron avait pourtant évoqué la possibilité de taxer davantage ce qu'il nommait "la rente". 

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Accélérer les réformes sociétales

Christophe Castaner a avancé vendredi dernier d'autres pistes sociales ou sociétales susceptibles de marquer un infléchissement de la politique du gouvernement, jugée trop à droite par certains "marcheurs". Il a notamment plaidé pour une généralisation de la prime d'activité à tous les jeunes en apprentissage, pour un système permettant de moduler les loyers dans les logements sociaux en fonction d'une hausse ou d'une baisse des revenus et pour un renforcement de l'intéressement pour les salariés dans les entreprises. 


En outre, il a réitéré son soutien à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, "la reconnaissance de la parentalité pour deux femmes", ainsi que le droit de pratiquer l'autoconservation des ovocites pour reporter une grossesse. 

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