DSK s’adresse à ses "amis allemands" et dénonce l’accord avec la Grèce

DSK s’adresse à ses "amis allemands" et dénonce l’accord avec la Grèce

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TRIBUNE – L’ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn a publié un texte en anglais, en allemand et en français critiquant fermement les conditions "effrayantes" de l’accord trouvé entre la Grèce et ses créanciers.

Il est un peu l’invité surprise de cette crise grecque. Dominique Strauss-Kahn a réagi ce samedi à l’accord trouvé entre la Grèce et ses créanciers pour éviter au pays de sortir de la zone euro. Moins d’une semaine après la décision de négocier un troisième plan d’aide en échange de réformes imposées à Athènes, l’ancien patron du FMI a dénoncé, dans un texte publié sur internet en anglais, en allemand et en français, "le diktat" qui a créé "un climat dévastateur" en Europe.

Pour Dominique Strauss-Kahn, qui a plaidé personnellement pour un allégement de la dette grecque, les principaux responsables de cette situation sont les créanciers d’Athènes, qu’il accuse de vouloir "saisir l’occasion d’une victoire idéologique sur un gouvernement d’extrême gauche au prix d’une fragmentation de l’Union".

Les créanciers ont tourné le dos à l'Europe, pour DSK

DSK assure que les créanciers ont "tourné le dos à ce que doit être l’Europe". "A compter nos milliards plutôt qu’à les utiliser pour construire, à refuser d’accepter une perte – pourtant évidente – en repoussant toujours un engagement sur la réduction de la dette, à préférer humilier un peuple parce qu’il est incapable de se réformer, à faire passer des ressentiments – pour justifiés qu’ils soient – avant des projets d’avenir, nous tournons le dos à ce que doit être l’Europe, à la solidarité citoyenne d’Habermas", écrit l’ancien ministre français de l’Economie, avant de mettre en garde les créanciers de la Grèce, qui, avec leurs méthodes, vont droit vers une division de l’Europe, assure-t-il.

Un bon point pour Hollande et Merkel

Dans cette tribune, il distribue toutefois des bons points. Un pour François Hollande "qui a tenu bon", mais aussi à la chancelière allemande, Angela Merkel, qui a, selon DSK, "bravé ceux qui ne voulaient à aucun prix un accord". “C’est à leur honneur”, approuve-t-il, expliquant qu’“un plan a de bonnes chances d’être mis en œuvre, repoussant, sinon effaçant, les risques de Grexit”. Même si, à son sens, les conditions de l’accord du début de semaine sont "effrayantes pour ceux qui croient en l’avenir de l’Europe". Jack is back…

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