DSK sur Twitter : un retour, mais pour faire quoi ?

Politique

"JACK IS BACK" - Le nouveau compte Twitter de Dominique Strauss-Kahn alimente toutes les spéculations sur un éventuel retour de l'ex-patron du FMI, désormais récemment blanchi par la justice dans l'affaire du Carlton de Lille. Mais, quatre ans après le séisme du Sofitel de New York, à quoi peut-il prétendre ?

C'est officiel, "Jack", alias DSK, "is back". Un petit tweet énigmatique   - et un rien décalé après une saga judiciaire de quatre ans - alimente toutes les hypothèses depuis dimanche. L'ex-patron du FMI va-t-il, à 66 ans, se relancer en politique ? Faire des affaires ? S'imposer comme un influent conseiller politique ? Eléments de réponse sous forme de trois hypothèses.

 Retour en politique
DSK blanchi par la justice, ça ne veut pas dire blanchi par ses pairs. Après des mois d'accusations graves, et la fin du procès Carlton, l'image de l'ancien ministre est sévèrement écornée auprès des camarades socialistes. Pas question, donc, d'annoncer un retour à la vie politique. Sur Europe 1 , lundi, son entourage était formel : "Ce n'est en rien un retour à la vie politique française." Cela n'empêche pas ses soutiens historiques – le Club DSK , fermé depuis l'été 2014 –, de frémir. Si le site Internet reste amorphe, la page Facebook du club politique relaie avec enthousiasme l'apparition du mentor sur Twitter : "Et hop, DSK s'envole sur Twitter". Mais chez les caciques du PS, pas question de lui souhaiter ouvertement la bienvenue, hormis l'ancien ministre Jack Lang : "S'il souhaite entreprendre un nouveau combat politique, il sera le bienvenu", risquait récemment ce dernier. Ce n'est pas joué. En février, un sondage montrait certes que, pour 79% des Français, DSK aurait fait un meilleur président que François Hollande, mais ils étaient 56% à ne pas souhaiter son retour.

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 Retour aux affaires
Banquier d'affaires, conférencier de renommée internationale, DSK n'a jamais vraiment quitté le monde du business malgré ses déboires judiciaires. Il a même failli y laisser sa fortune : LSK, sa société d'investissement basée au Luxembourg et créée avec l'homme d'affaires franco-israélien Thierry Leyne - qui s'est suicidé en octobre 2014 -, a été déclarée en faillite, fin 2014, avec un passif de 100 millions d'euros et des réclamations pressantes du fisc luxembourgeois. Après avoir dissous sa société de conseil Parnasse , basée à Paris, l'ex-patron du FMI peut toujours s'appuyer sur une structure identique qu'il a créée au Maroc, où il réside, possède un riad et, selon Paris Match , conseille occasionnellement le roi Mohammed VI. Dans son portefeuille : des activités de conseil auprès des banques et entreprises de Serbie, de Corée du Sud, et des contacts multiples au FMI ainsi qu'auprès du président russe Vladimir Poutine.

 Retour dans l'ombre
A défaut de revenir dans l'arène politique, DSK pourrait se mettre en orbite autour d'elle. "Il se servira de Twitter quand il aura des choses à dire sur des sujets macroéconomiques", assurent ainsi ses proches. Une manière de refaire de la politique sans s'exposer publiquement ni exposer ses camarades. Ce ne serait pas une première. Avant la présidentielle de 2012 – et alors qu'il était touché de plein fouet par les affaires du Sofitel de New York et du Carlton de Lille – DSK avait été sollicité par François Hollande pour jouer l'émissaire du candidat socialiste auprès de la chancelière allemande Angela Merkel . DSK n'a d'ailleurs pas attendu d'être blanchi par la justice pour se mêler des affaires de l'actuel chef de l'Etat. Il y a un an, en petit comité, il livrait son premier "compliment" en jugeant que "la moitié" des membres du gouvernement Valls étaient "des brêles". On attend la suite.

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