Dupond-Moretti aux opposants au confinement : "La liberté, ce n'est pas la liberté de contaminer"

Dupond-Moretti aux opposants au confinement : "La liberté, ce n'est pas la liberté de contaminer"

INTERVIEW - Invité politique de LCI vendredi 13 novembre 2020, le garde des Sceaux est notamment revenu sur la privation de liberté ressentie par de nombreux Français pendant la crise sanitaire.

De nombreux Français contestent ce reconfinement qui limite la liberté de mouvement et de réunion. Face aux verbalisations galopantes (plus de 90.000 pour non-respect du confinement), certains considèrent que l'on restreint leurs libertés : "La liberté, ce n'est pas la liberté de contaminer", leur rétorque le ministre de la Justice, vendredi 13 novembre sur LCI. "J'ai entendu des gens parler de 'fascisme'. Moi, je connais des gens qui ont connu le fascisme et c'est bien autre chose que ces règles sanitaires", poursuit-il. 

Le garde des Sceaux soulève par ailleurs un paradoxe chez ceux qui critiquent les mesures sanitaires : "Ce sont les mêmes qui acceptent de donner leurs données intimes sur des réseaux comme Facebook et de donner leurs empreintes digitales", s'étonne-t-il. "C'est ceux-là qui nous parlent de liberté qui serait bradée. [...] La liberté, ce n'est pas le fait que je vous approche sans masque et que je vous contamine. [...] Ce qui me frappe, c'est à quel point parfois on dénature ce que doit être l'Etat dans son autorité protectrice. [...] Certains citent Orwell, on est dans la confusion de tout", regrette-t-il. 

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"Beaucoup d'empathie" pour les petits commerçants

Sur le volet de la situation sanitaire, le ministre est revenu sur le sort des petits commerçants confrontés à une précarité économique sans précédent et auxquels il pense avec "beaucoup d'empathie" : "Ne croyez pas que quand on prend des décisions comme le confinement, elles se font sans penser aux gens, aux vrais gens. C'est une préoccupation constante", assure-t-il. "La critique est facile" dit-il, louant l'implication du gouvernement sur ces questions. "La situation des gens est quelque chose qui nous préoccupe infiniment." 

Le garde des Sceaux confirme pour son domaine de prédilection avoir souhaité que "la justice continue de faire son travail" pendant le confinement : "On ne peut pas concevoir que l'armée, la police, la gendarmerie... soient sur la première ligne et que la justice démissionne". 

Sur les libérations anticipées vouées à désengorger les prisons face au coronavirus, en revanche, "il n'est pas question du tout de cela pour le moment."

Très attaché à la présomption d'innocence

Enfin, est-ce que lorsque Eric Dupond-Moretti quittera la place Vendôme, la présomption d'innocence sera mieux respectée en France qu'elle ne l'est aujourd'hui ? Le garde des Sceaux l'espère : "Cela passera par une réflexion à laquelle je vais essayer d'associer beaucoup de monde, des journalistes concernés par la façon dont on respecte la présomption d'innocence dans ce pays" dit-il, acerbe, les jugeant "parfois fautifs". 

"La présomption d'innocence qui n'est pas protégée comme elle le devrait dans notre pays, est un grand principe qui s'applique à tout le monde. A tout le monde", martèle-t-il. "J'ai vu un certain nombre de comportements qui, selon moi, y semblaient contraires."

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