Echec des négociations assurance-chômage : le gouvernement donnera des précisions, mardi, annonce Muriel Pénicaud

Politique
CHOMAGE - Invitée de LCI, la ministre du Travail a fait savoir qu'une "méthode" et un "calendrier" de reprise en main du dossier assurance-chômage seront annoncés ce mardi.

Il aura fallu plusieurs jours mais le calendrier sur la réforme de l'assurance-chômage s'éclaircit. Invitée de LCI dimanche 24 février, quatre jours après l'arrêt des négociations entre les partenaires sociaux, Muriel Pénicaud a donné un horizon calendaire à ce brûlant sujet : "Mardi prochain, le Premier ministre et moi-même annonceront la méthode et le calendrier". 


Sans s'avancer sur le fond ni même avancer un "horizon", la ministre du Travail devra donc adresser plusieurs sujets, de la mise en place du bonus-malus à la dégressivité des indemnités chômage, décriées pour la première par le patronat, pour la seconde par les syndicats.


L'annonce ministérielle sera particulièrement scrutée par les partenaires sociaux, puisque, de leur côté comme de celui du gouvernement, on s'asticote généreusement sur la manière d'aborder la négociation. Si syndicats et patronat ont régulièrement pesté contre le manque de précision de la lettre de cadrage du gouvernement, qui exigeait qu'ils se mettent d'accord sur une économie de 3 à 3,9 milliards d'euros d'ici à la fin du quinquennat, l'exécutif n'est pas en reste. 

Sarcasme mal ordonné

Emmanuel Macron, qui n'a pas hésité à rappeler régulièrement ses exigences depuis des mois, avait ainsi ironisé, jeudi 21 février, au lendemain de l'annonce de l'échec, en saluant sarcastiquement "un vrai exemple de vraie négociation sociale. [...] Chaque jour dans le pays, on dit : 'Corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire'. Et quand on donne la main, on dit : 'Mon bon monsieur, c'est dur, reprenez-la'."


Piqué au vif, le Medef a répliqué ce dimanche par la voix de son patron Geoffroy Roux de Bézieux, qui a jugé la sortie présidentielle "injuste", estimant que la mission imposée par l'Etat était "impossible". La CGT avait, aussitôt après la sortie présidentielle, dénoncé un président "manipulateur", quand la CFDT déplorait "des petites phrases polémiques", l'ensemble des partenaires sociaux jugeant que les négociations s'étaient déroulés dans un cadre "contraint".


Soucieuse de calmer le jeu, Muriel Pénicaud a mis la sortie présidentielle sur le compte de "la déception de tout le monde", à la fois des "partenaires sociaux" et "de l'Etat". Non sans apporter, elle aussi, son grain de sel : "Ils avaient le choix de refuser la négociation ou d'accepter. [...] Finalement, ils ne l'ont pas trouvée et ne pouvaient pas conclure. Après, on peut refaire l'histoire..."


Le dossier est désormais entre les mains de l'Etat, qui sera sans aucun doute scrupuleusement observé dans sa gestion. Début de réponse mardi 26 février.

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