Ecotaxe, gaz de schiste : Ségolène Royal en terrain miné

Ecotaxe, gaz de schiste : Ségolène Royal en terrain miné

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ENVIRONNEMENT - Ségolène Royal s'attèle mercredi à deux dossiers brûlants dont elle a hérité au ministère de l'Ecologie et de l'Energie : le gaz de schiste et l'écotaxe. Deux sujets qui déchaînent les passions, et sur lesquels elle va devoir trancher. Attention, terrain glissant.

En héritant d u ministère de l'Écologie et de l'Énergie , Ségolène Royal a aussi récolté deux dossiers brûlants  : l'écotaxe et le gaz de schiste. Deux sujets essentiels, mais aussi potentiellement explosifs. Hasard du calendrier, ils se retrouvent tous les deux mercredi à son agenda. La ministre est d'abord attendue en fin de matinée à l'Assemblée nationale, où elle devra défendre sa nouvelle proposition sur l'écotaxe devant la mission parlementaire chargée du sujet. Objectif : parvenir enfin au consensus, là où les précédents gouvernements se sont cassés le nez depuis six ans.

A sa création en 2007, la mesure prévoyait de taxer les poids lourds qui circulent sur les routes gratuites afin qu'ils financent leur entretien. Repoussée par deux fois en 2013, la taxe a été reportée sine die en octobre dernier face à la colère des "bonnets rouges" en Bretagne. Pour sortir de l'impasse, Ségolène Royal a proposé une alternative début avril : forcer les camions étrangers à utiliser les autoroutes françaises (et donc les péages) après avoir payé une vignette à la frontière.

Une facture à deux milliards d'euros pour l'écotaxe

Problème : cette "écotaxe bis" pourrait au final être retoquée par Bruxelles, qui y verrait une entorse au droit européen. Les écologistes, premiers supporters de la taxe poids lourds, crient à l'"enfumage" : "Ca ressemble un enterrement de première classe", dénonce pour metronews le porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou.

En cas d'échec, la facture pourrait être très salée. L'abandon de la taxe coûterait près de deux milliards d'euros à l'Etat. Et pour cause : de Marseille à Lyon en passant par Nantes, ce sont plus d'une centaine de projets de transports en communs en France qui sont actuellement suspendus au sort de l'écotaxe. Ils devaient en effet être financés en partie par les 450 millions de recettes prévus. Les élus, furieux, attendent donc la ministre au tournant. Sans parler d 'Ecomouv ', cette entreprise chargée de collecter l'écotaxe. Si l'Etat renonce à la mesure, il devra lui verser 800 millions d'euros de dédommagement. Et autant dire que ce n'est pas le moment de sortir le chéquier.

Une odeur de gaz de schiste à Bercy

L'autre dossier qui attend Ségolène Royal ce mercredi, c'est celui du gaz de schiste, avec la remise d'un rapport à la commission des Affaires économiques de l'Assemblée sur le sujet. La loi du 13 juillet 2011 a fermé la porte à l'usage de la fracturation hydraulique en France. Mais pas à d'autres techniques si celles-ci permettaient d'extraire ce gaz sans danger pour l'environnement. Sur ce point, la ministre est catégorique : elle ne veut pas aller plus loin. Quitte à renoncer à la véritable mine d'or que promettent les lobbies de l'énergie.

Le rapport que présentera le député socialiste Frédéric Barbier pourrait souffler sur les braises. Ses conclusions amènent à reconnaître que l'extraction du gaz de schiste aux Etats-Unis a permis une révolution énergétique créatrice d'emplois. De quoi donner du grain à moudre à ses partisans en France, dont un certain Arnaud Montebourg. Promu grand patron de Bercy, ce dernier veut à tout prix convaincre François Hollande "d'avancer sur la recherche technique" pour trouver une méthode d'exploration propre. Quitte à voler dans les plumes de sa collègue de l'Energie. Les débats promettent d'être animés sous les lambris de Bercy.

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