Ecotaxe : Ségolène Royal met les pieds dans le plat

Ecotaxe : Ségolène Royal met les pieds dans le plat

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GOUVERNEMENT - La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal s'est prononcée jeudi en faveur d'une "remise à plat" de l'écotaxe, et de la recherche d'alternatives pour financer les infrastructures de transport, suscitant des réactions mitigées.

La taxe carbone ? Un impôt "absurde, injuste et historiquement décalé dans le temps", avait martelé Ségolène Royal en 2009. Quelques années plus tard, la nouvelle ministre de l'Ecologie n'a pas bougé d'un iota : à peine installée dans ses nouvelles fonctions, elle s'est prononcée jeudi en faveur d'une "remise à plat" de l'écotaxe, suscitant des réactions mitigées.

"Je ne suis pas seule à décider, mais je vais remettre à plat les choses pour voir quelles sont les autres possibilités que nous avons pour dégager des financements pour, en effet, faire les travaux ferroviaires et routiers", a déclaré à Poitiers la ministre, répondant à des journalistes qui l'interrogeaient sur l'écotaxe et rappelant qu'elle n'était pas pour une "écologie punitive". Et d'ajouter : "Les Français ont déjà payé beaucoup d'impôts supplémentaires, l'écotaxe est un impôt, j'en comprends bien le sens : il s'agit de taxer ceux qui polluent, mais j'ai toujours dit que, pour respecter la citoyenneté, l'écologie ne doit pas être punitive et on ne doit pas taxer des gens s'ils n'ont pas le choix de prendre le transport propre".

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"Plusieurs mois de travail anéantis"

La sortie de la nouvelle ministre , a quelques heures du premier Conseil des ministres prévu ce vendredi matin, n'a pas manqué de faire réagir. En particulier le nouveau porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, qui n'a rien vu de neuf dans ces déclarations. "Ségolène Royal a rappelé une position qu'elle a déjà évoquée" et "qu'on lui connaissait", a-t-il dit sur BFMTV. "Il y a un débat qui aura lieu dans un cadre interministériel et, après ces discussions, le Premier ministre rendra un arbitrage".

Née du Grenelle de l'environnement, l'écotaxe, qui vise à taxer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, est une mesure destinée à financer les infrastructures de transport. Elle devait s'appliquer à l'origine le 1er janvier 2014, mais a été suspendue sine die par le gouvernement fin octobre, sous la pression de manifestations hostiles en Bretagne. Et la nouvelle salve de Ségolène Royal pourrait peser sur l'avenir du texte : Nicolas Hulot, promoteur de la taxe carbone finalement enterrée courant 2010, a estimé dans un livre paru en 2013 que la socialiste avait, avec sa déclaration en 2009, "torpillé la taxe et anéanti plusieurs mois de travail".

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