Ecoutes : Hollande se veut le garant d'une justice "indépendante" et "incontestable"

Ecoutes : Hollande se veut le garant d'une justice "indépendante" et "incontestable"

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AFFAIRES - En marge de sa conférence de presse avec le président du Conseil italien, le chef de l'Etat français a assuré, sans rentrer dans les détails, qu'il veillait à l'indépendance de notre système judiciaire.

Constitutionnellement, juridiquement, François Hollande n'avait pas l'obligation de répondre à l'appel du bâtonnier de Paris qui l'avait interpellé dans l'affaire des écoutes téléphoniques de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, alias Paul Bismuth lorsqu'il conversait sur un téléphone dévolu à cet unique usage avec son avocat, Me Thierry Herzog. Mais il a choisir de le faire, samedi.

Se voulant droit dans ses bottes, le chef de l'Etat a assuré se conformer à ses obligations et à ce qu'il avait promis durant la campagne présidentielle de 2012. A lire entre les lignes : contrairement à ses prédécesseurs, il avait promis d'être intraitable en matière de séparation des pouvoirs, de respecter l'indépendance de la justice, et il s'y serait tenu.

"La justice passera" promet le président

En l'occurrence, bien que la proximité dans le temps entre les récentes annonces de l'appareil judiciaire et les élections municipales puissent semer le doute, M. Hollande a balayé tout lien de cause à effet. "La justice passera et je dois faire en sorte qu'elle puisse être incontestable parce qu'elle ne peut pas être contestée" a-t-il dit samedi lors d'un point presse à l'Elysée, éludant les questions sur la date à laquelle ses ministres de l'Intérieur, de la Justice, Matignon ou lui même auraient eu vent des écoutes de M. Sarkozy. A ses côtés, le nouveau président du conseil italien, Matteo Renzi, n'a bien sûr pas pipé mot.

"Ma responsabilité, comme chef de l'Etat, c'est d'assurer l'indépendance de la justice", un "principe fondamental" a insisté François Hollande, rappelant que cette indépendance était "fondée sur trois principes" : la séparation des pouvoirs, le respect des droits de la défense et la présomption d'innocence.

Garant de leur indépendance, mais pas juge

Le chef de l'Etat n'a pas fait mine d'ignorer les affaires en cours d'instruction, mais il s'est refusé à tout commentaire, soulignant qu'il ne lui appartenait pas d'en juger, ni même "de les qualifier". La semaine prochaine, gageons qu'il tiendra le même discours lorsqu'il recevra "les avocats qui, à un moment, ont pu s'interroger sur des écoutes qui ont été décidées par la justice et par la justice seule". Quant à savoir s'il les en convaincra, c'est une autre question...

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