Aides sociales, grève SNCF, Alexis Kohler... Ce qu’il faut retenir de l’interview exclusive d’Edouard Philippe à LCI

ENTRETIEN - Le Premier ministre a répondu aux questions de Fabien Namias et de David Pujadas au cours d’un entretien exclusif, jeudi sur LCI. Réforme de la SNCF, baisse des aides sociales, terrorisme... Voici ses déclarations marquantes.

C’est depuis Grenade, près de Toulouse, où il a décidé de délocaliser Matignon pendant trois jours, que le Premier ministre a répondu aux questions de David Pujadas et de Fabien Namias jeudi soir sur LCI. Un entretien exclusif, après plus d’un an à la tête du gouvernement et alors que les sujets qui fâchent s’accumulent pour l’exécutif : calendrier législatif surchargé, “ristournes” polémiques accordées au candidat Macron, réforme des aides sociales, critiques sur une politique "de droite"... Voici ce qu’il faut retenir de ses explications.

Sur les réformes et les résultats

"Nous sommes de façon très intense au travail, assure le Premier ministre. "Je comprends qu’il y ait de l’impatience, mais il faut continuer les réformes, certaines commence à produire des effets", affirme le Premier ministre, citant l'exemple du dédoublement des classes de CP en REP+. Sur le chômage, "nous allons obtenir des résultats, mais ça ne peut pas être instantané et les Français le savent parfaitement. Nous partons de loin. On a vu des prédécesseurs prendre des engagements complètement absurdes et le payer très cher."

Réforme de la SNCF

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Edouard Philippe : "Je ne crois pas qu'on aille vers un conflit sans fin à la SCNF"

Va-t-on vers un conflit sans fin ? "Je ne crois pas. Personne ne l'espère, ni les usagers qui subissent des gênes considérables, ni l'entreprise. Les syndicats eux-mêmes n’y ont pas intérêt, parce que pour certains gréviste, c’est une perte considérable de pouvoir d’achat. L’Assemblée nationale et le Sénat ont voté la loi. Le texte sera probablement définitivement adopté la semaine prochaine après une commission mixte paritaire. Ce sera la loi. En France, lorsque la loi est votée, elle s'appliquent à tous. Si certains considèrent que le sens de l'action syndicale, c'est de refuser l'application de la loi, il faudra qu'ils prennent leurs responsabilités."

Baisse des aides sociales

Edouard Philippe dément les informations du "Canard Enchaîné" sur une baisse de 7 milliards des aides sociales en deux ans. "Cela prouve qu'un volatile peut dire des âneries", plaisante-t-il. Il refuse également de poser la questions en termes de chiffres. "Nous ne nous posons pas la question de savoir s'il faudrait réduire de tant, ou augmenter de tant, les aides sociales. Je me pose la question de savoir si ces aides sociales sont efficaces. Aujourd'hui, le système de solidarité ne fonctionne pas bien et les Français le savent. Il faut passer d'une logique où on donne de l'argent où on accompagne individuellement les personnes et où on investit dans leurs compétences pour qu'ils retrouvent une activité ou un emploi". 


Interrogé sur la prime d'activité, M. Philippe a rappelé qu'Emmanuel Macron s'était "engagé à revaloriser cette prime". "Mais on peut se poser la question de savoir si, par exemple, le maintien de cette prime sur une durée de temps infinie a du sens, s'il ne faut pas, par exemple, donner plus au moment où on revient au travail et faire en sorte que, cinq ans, sept ans après, on puisse revenir à la normale".


"Toutes ces questions méritent d'être posées, non pas par le biais du combien (...) mais du 'est-ce que ça permet d'obtenir l'effet qu'on recherche ?'". "Même chose sur le RSA, sur toutes les aides sociales, sur toutes les aides aux entreprises". Pour Edouard Philippe, 'le RSA est un instrument qui n‘atteint pas totalement les objectifs fixés".

La menace terroriste

"Il y a une menace endogène, diffuse, permanente", estime Edouard Philippe. Face à la perspective des 450 détenus, condamnés pour terrorisme ou connus pour radicalisation, qui vont sortir dans les deux prochaines années, le Premier ministre écarte toute "naïveté" : "Nous nous sommes organisés. Ils sont suivis. Au moment de leur sortie, ils feront tous l’objet d’un suivi extrêmement attentif dans le respect du droit."

Le cas Alexis Kohler

Interrogé sur le cas du secrétaire général de l'Elysée, visé par une enquête du parquet national financier pour un éventuel conflit d'intérêt, le Premier ministre refuse de "commenter une procédure judiciaire." Mais ajoute que d'Alexis Kohler, il "ne peut dire que du bien. Il fait pour moi partie de ceux qui incarnent le mieux le sens de l’Etat."

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Edouard Philippe : "Je connais bien Alexis Kohler, je ne peux en dire que du bien"

Polémique sur les comptes de campagne

Alors que des "ristournes" accordées au candidat Emmanuel Macron au cours de la campagne présidentielle sont pointées du doigt, Edouard Philippe écarte tout problème d'exemplarité : "Une instance compétente, indépendante a fait son travail et a validé ces comptes. Je ne vais pas faire son travail à sa place."

Des divisions dans la majorité ?

Des voix discordantes se sont fait entendre dans la majorité ces dernières semaines, notamment sur les sujets du glyphosate, où encore sur le rythme législatif. "Quand on est élu, on a le droit d’exprimer des impatiences. J’écoute ce qu’ils disent. Mais je dis simplement que nous sommes dans la mise en oeuvre du programme d’Emmanuel Macron. Il n’y a pas d’agenda caché, encore moins d’agenda personnel.”

Tête de liste aux élections européennes ?

Alors qu'on lui prête l'intention de diriger la liste de la majorité aux élections européennes en mai 2019, Edouard Philippe botte en touche. "C'est pas une question que je me suis posée. Franchement, ce n'est pas mon état d'esprit en ce moment de me poser ce genre de question. Mon sujet, il n'est pas là. Mon sujet, c'est que je suis entièrement consacré à ma tâche". 

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