Fiscalité, 80 km/h, "RIC", vote blanc... Comment se positionne Edouard Philippe, invité de "La Grande explication" ?

Politique
DÉBAT - Edouard Philippe sera l'invité de David Pujadas et répondra à un panel de Français, mercredi 13 février, sur LCI. L'occasion de faire le point sur les prises de position récentes du Premier ministre sur certains des grands sujets qui animent le Grand débat national.

Fiscalité, cumul des mandats, référendum d'initiative citoyenne, vote blanc, 80km/h ... Tous ces sujets abordés depuis trois mois dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes interrogent les Français car ils ont trait à leur quotidien. A l'heure du Grand débat national, ces questions pourraient être remises sur la table lors de l'émission "La Grande explication", sur LCI, mercredi 13 février. A cette occasion, le Premier ministre débattra avec des citoyens. 


Que pense Edouard Philippe, artisan et chef d'orchestre de la politique d'Emmanuel Macron, mais aussi chef de gouvernement qui fait entendre sa propre sensibilité, sur ces sujets ? LCI fait le point. 

A propos du RIC (référendum d'initiative citoyenne)

"Si je devais le dire en une formule, je dirais que le RIC, ça me hérisse." Ce jugement, émis en janvier dernier lors d'un débat à Sartrouville, a le mérite d'être clair. Interrogé sur le sujet, Edouard Philippe a répondu sans ambiguïté expliquant que pour lui, si on mettait en place le "RIC", l'une des revendications des "Gilets jaunes", "on rentre dans une mécanique qui est terrible, ou on passe son temps à remettre en cause des choses" votées par le Parlement. 


Un position d'ailleurs partagée par les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy. Pour sa part, Emmanuel Macron avait expliqué à Grand Bourgtheroulde qu'il émettait certaines réserves sur le sujet, craignant que cela ne crée "une situation de concurrence entre les formes de démocratie directe et représentative". Il affiche sa préférence pour le référendum d'initiative partagée, déjà prévu dans la Constitution, mais jamais mis en oeuvre depuis son instauration : "Je préfère cette mécanique-là, parce qu'elle est plus respectueuse (...) de la démocratie représentative".

Au sujet de l'ISF (l'impôt sur la fortune)

 Sur France Inter,  en janvier dernier, Edouard Philippe donnait son sentiment au sujet de l'impôt sur la fortune (ISF), cet impôt très symbolique que sa majorité a remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), mais que les "Gilets jaunes" espèrent voir réinstaurer, soutenus par l'opinion, au nom de la justice fiscale. "Si on veut faire payer les riches, il vaut mieux les attirer en France que les faire partir", disait-il. Edouard Philippe se situe à ce titre sur la même ligne qu'Emmanuel Macron. 


Si Emmanuel Macron a fermé la porte début décembre à un rétablissement de l'ISF, l'exécutif a promis d'évaluer les effets de cette réforme, disant ne pas "craindre le débat" sur ce sujet. Lors de son allocution en décembre dernier, Emmanuel Macron avait écarté un retour sur la suppression de l'ISF. La transformation de l'ISF pour inciter à des investissements productifs a permis de créer des emplois, assurait le président. Elle a également un coût : entre 3 et 6 milliards d'euros par an, selon les estimations. 

Sur la question du cumul des mandats ...

L'idée de revenir sur le non-cumul des mandats a été avancée par un certain nombre d'élus, notamment issus des Républicains, qui voient dans la crise des "gilets jaunes" un symptôme de l'absence d'ancrage local des parlementaires. Qu'en pense Edouard Philippe ? Il y est favorable, mais pas à n'importe quelle condition. Le 30 janvier dernier sur France Inter, le Premier ministre s'était déclaré ouvert à un cumul du mandat de maire, "singulièrement dans les petites communes", avec celui de député ou de sénateur. 


"J'étais contre et j'ai voté contre" la loi l'instaurant en 2014, a rappelé le Premier ministre, "mais je pense que cela a permis de faire venir à l'Assemblée Nationale des gens qui ne seraient pas venus autrement". "La tonalité des débats a changé avec le non-cumul, de même qu'avec les maires, qui reprochent désormais aux députés et sénateurs de ne pas savoir ce qui se passe sur le terrain", a-t-il ajouté.

Que pense-t-il des 80 km/h ?

C'est, là aussi, l'une des revendications des "Gilets jaunes" : la suppression de la limitation à 80km/h sur les routes secondaires. Une mesure décidée l'année dernière et portée par Edouard Philippe, visant à réduire le nombre de victimes sur les routes.  


Cette mesure, très controversée, est entrée en vigueur à la mi-2018 et récemment, le gouvernement a affirmé ne pas fermer la porte à la possibilité de l'aménager, si ses résultats n'étaient pas probants. A la mi-janvier, Christophe Castaner avait même estimé que son "abandon" était "une option pour le gouvernement". Pour autant, la première évaluation fournie par la Sécurité routière semble aller dans le sens de cette limitation à 80 km/h. Edouard Philippe a averti : s'il devait y avoir des assouplissements locaux, les présidents des conseils départementaux en porteraient la responsabilité. 


A Grand Bourgtheroulde, c'est Emmanuel Macron qui a évoqué cette mesure :  "Il faut ensemble que l'on trouve une manière plus intelligente de le mettre en oeuvre. Il n'y a pas de dogme". Ce dossier "fait partie du débat", affirmait-il. Une façon de prendre de la distance avec l'idée d'Edouard Philippe qui, fort des chiffres de la mortalité routière en "recul historique", continue de la défendre. 

En vidéo

Edouard Philippe, au sujet du RIC et de la mesure à 80km/h

La réduction du nombre de parlementaires

En juillet dernier, Edouard Philippe présentait son projet de loi de révision constitutionnelle et évoquait la réduction du nombre de parlementaires. "Une réduction que les Français appellent de leurs vœux depuis longtemps. Et qui pour cette raison sans doute figurait dans les programmes de presque tous les candidats à l’élection présidentielle", disait-il. "C’est pourquoi, nous vous proposons dans le projet de loi organique de diminuer le nombre total de parlementaires de 30%. Une réduction qui revient à fixer à 404 députés l’effectif de l’Assemblée nationale et à 244 celui du Sénat. Bien évidemment, tous les départements, toutes les collectivités d’Outremer auront au minimum un député et un sénateur pour les représenter", précisait alors le Premier Ministre. 


Réduire du tiers le nombre de parlementaires : une "mesure" qui figure également dans la lettre d'Emmanuel Macron destinée à cadrer le Grand débat national. Edouard Philippe a bien son avis sur le sujet : il "est favorable à ce qu'il y ait un peu moins de députés. Est-ce qu’il y a trop de députés ? Je trouve que c’est une question compliquée. C’est compliqué de travailler à 577", a estimé Édouard Philippe à Sartrouville, lors d'un échange avec des habitants. "Peut-être qu’on pourrait avoir un peu moins de députés. […] Ça rendrait le travail un peu plus efficace et un peu plus fluide", a-t'il déclaré. 


Mais de nuancer tout de même : "s’il n’y a plus que 300 ou 350 députés, dans des départements très vastes et peu peuplés, il n’y aura plus beaucoup de députés. Et s’il y a moins de députés, ce sera forcément moins sain […] Il faut réussir à trouver le bon équilibre. Diminuer probablement le nombre - moi, je pense qu’on peut le faire - mais faire attention, en diminuant, à ce qu’on ne donne pas le sentiment d’éloigner soit des territoires, soit des Françaises et des Français qui vivent à certains endroits de la représentation nationale et du débat public". 

En ce qui concerne la PMA ...

Il a changé d'avis. Edouard Philippe s'est déclaré "à titre personnel" "plutôt favorable" à une extension de la procréation médicalement assistée (PMA). "On se pose ces questions. On va avoir un débat parlementaire sur la bioéthique", a affirmé le Premier ministre sur France 2, lors de "L'Emission politique". 


"Ce qui est vrai, c'est que sur la PMA, j'ai longtemps été contre", a-t-il rappelé. "A titre personnel, je suis plutôt favorable et je crois que l'on peut y aller", a-t-il dit.  Interrogé sur la possibilité d'un remboursement par la Sécurité sociale, le Premier ministre a répondu: "Je pense, oui".

Et le vote blanc, alors ?

Le 31 janvier dernier, à Juvisy-sur-Orge, le Premier ministre, s'exprimait sur la reconnaissance du vote blanc, là encore une revendication portée par les Gilets jaunes. Il a admis qu'il y avait "une vraie demande" et qu'il "faut la prendre en compte" mais il met en garde sur la "légitimité" d'une élection gagnée "avec 45%" des voix. 


Quant au vote obligatoire : "ma religion n'est pas faite" sur ce sujet, dit-il, mais voter est un "devoir civique", leur a-t-il dit. 

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