Edouard Philippe, un ex-Premier ministre de plus en plus actif

Edouard Philippe, un ex-Premier ministre de plus en plus actif
Politique

TOUJOURS LÀ - Depuis la rentrée, Edouard Philippe multiplie les déplacements de soutien à des élus, comme mercredi soir aux côtés de Sébastien Lecornu, et s'impose comme un animateur essentiel de la droite pro-Macron. La maire du Havre prépare également un livre et fait une incursion remarquée dans le secteur privé.

Il s'était fait discret durant l'été, après sa passation de pouvoir avec Jean Castex à Matignon. Tout juste avait-on pu apercevoir Edouard Philippe, décontracté, casquette vissée sur la tête, lors d'un match PSG-Le Havre en juillet. Depuis la rentrée, Edouard Philippe est manifestement de retour, et pas seulement dans sa mairie du Havre, où il a été largement réélu en juin dernier.

Depuis plusieurs jours, l'ancien Premier ministre multiplie les déplacements à caractère politique, dans le cadre des élections sénatoriales du 27 septembre, sur des terres de droite susceptibles de faire la jonction avec les Macronistes. Le 16 septembre, il avait ainsi apporté son soutien à une proche, Agnès Canayer, candidate à sa réélection en Seine-Maritime. Ce mercredi 23 septembre, Edouard Philippe est attendu à 19 heures à Neubourg (Eure) aux côtés de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, qui conduit une liste composée de nombreux candidats LR. Et vendredi, l'influent maire du Havre participera, à Angers, aux "Ateliers de la République", à l'invitation du maire Christophe Béchu (ex-LR), en présence de personnalités de cette droite "Macron-compatible" qu'Edouard Philippe n'a cessé d'animer depuis le commencement du quinquennat. 

L'ancien Premier ministre s'est montré également présent à des moments symboliques pour la droite, rendant hommage le 5 septembre à son mentor Antoine Rufenacht, ancien maire du Havre, et le 23 septembre à Jacques Chirac, lors d'une commémoration à l'Assemblée nationale. 

Rassembler la droite déçue de LR

Quelle est l'ambition de l'ancien Premier ministre, resté particulièrement populaire dans les sondages d'opinion ? Jusqu'ici, son entourage a systématiquement réfuté les spéculations sur une éventuelle ambition nationale en vue de la présidentielle de 2022. "Edouard, il a deux caractéristiques : il est très libre et sa loyauté est évidente. Et Emmanuel Macron le sait parfaitement", assurait mardi à l'AFP le député Thierry Solère. "La grande force d'Edouard est que rien de ce qu'il montre n'est différent de ce qu'il est. Il est loyal, point barre. Tous les débats: 'et si...', ce sont des débats qui n'ont pas lieu d'être", abondait un autre proche, ajoutant qu'Edouard Philippe a quitté Matignon "avec plein d'envie" et "de l'énergie". 

Après son départ de Matignon, l'entourage d'Emmanuel Macron avait évoqué une possible "mission" pour Edouard Philippe, visant à "reconstruire la majorité" en vue des prochaines élections nationales. Si l'ancien chef du gouvernement n'a jamais confirmé une telle mission, son activisme politique depuis la rentrée pourrait constituer une forme de réponse. "Edouard Philippe, c'est un atout pour la majorité", insistait récemment l'eurodéputé et son ami Gilles Boyer, soulignant qu'il a eu la capacité de rassembler ceux qui "souhaitaient la réussite du président, étaient déconcertés par Les Républicains mais ne voulaient pas adhérer à La République en marche". En témoigne un sondage Ifop réalisé fin août, dans lequel les électeurs de droite plaçaient Edouard Philippe en tête des personnalités susceptibles de les représenter en 2022. 

La mission de l'ancien Premier ministre, aussi informelle soit-elle, apparaît d'autant plus cruciale que le mouvement LaREM, qui a porté la candidature d'Emmanuel Macron en 2017, vaciller dans sa base, et que l'ouverture à gauche du macronisme semble avoir trouvé ses limites.

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Un homme "libre"

Lors de sa rentrée médiatique, sur Europe 1, Edouard Philippe avait toutefois rappelé que période de "liberté" s'était ouverture pour lui. Tenu par aucun accord d'appareil ni par aucun engagement formel vis-à-vis d'Emmanuel Macron, l'ancien locataire de Matignon semble avoir bien l'intention d'en disposer. 

Avec l'aval de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), à peine trois mois après avoir quitté le gouvernement, il va bientôt siéger comme administrateur indépendant au sein du groupe informatique Atos. Un groupe dont l'ancien PDG, Thierry Breton, a été nommé commissaire européen fin 2019 avec l'aval d'Emmanuel Macron et de l'ancien gouvernement Philippe. "C'est pour moi une manière de travailler à nouveau pour l'industrie française et pour un champion européen [...] au cœur des enjeux digitaux et d'indépendance technologique", a fait valoir l'intéressé dans un entretien aux Echos, quand certains y voient un curieux mélange des genres. Une incursion dans la sphère privée qui n'est d'ailleurs pas la première, Edouard Philippe ayant par le passé officié comme avocat, puis lobbyiste au sein du groupe nucléaire Areva. 

Edouard Philippe s'est également attelé à l'écriture d'un livre, à quatre mains avec Gilles Boyer. Selon ce dernier, il s'agirait d'un "mélange de récit et d'essai sur ce que peut représenter de diriger un pays comme la France en 2020". Preuve qu'Edouard Philippe n'est pas prêt de se mettre en retrait du débat public, bien au contraire. 

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