VIDÉO - Éducation des filles, réduction de la natalité : le discours de Macron au Burkina Faso n'a pas plu à tout le monde

POLITIQUE - Au cours d'un discours fleuve prononcé à Ouagadougou mardi midi, le président français a évoqué la nécessité, selon lui, de l'émancipation des femmes africaines. Des propos qui ont fait réagir une partie des étudiants burkinabés présents dans la salle. Quand certains applaudissaient, d'autres grondaient les aspirations égalitaires du Président.

C'est l'un des thèmes qui aura le plus fait réagir l'auditoire d'Emmanuel Macron lors de sa visite dans la capitale burkinabée, mardi 28 novembre. L'émancipation des femmes africaines, au travers d'un meilleur accès à l'éducation et d'une réduction de la natalité, n'a pas manqué de faire réagir les 800 personnes présentes dans la salle, majoritairement composée d'hommes. Si l'idée abstraite d'une meilleure scolarisation des jeunes filles n'a pas semblé faire sourciller les spectateurs, l'instauration de bourses accordées aux étudiantes burkinabées semble diviser. 

"Rassurez-vous : cela ne concernera pas uniquement les jeunes filles", essaie de nuancer le Président avant d'appuyer : "Je serai du côté de tous les chefs d'Etat qui feront le choix de la scolarisation obligatoire des jeunes filles." Un léger malaise s'installe, avant que les applaudissements ne reprennent. Au Burkina Faso, comme dans de nombreux pays du continent africain, le taux de scolarisation des fillettes reste bas. Mariées pour certaines dès la pré-adolescence, beaucoup de femmes burkinabées sont illettrées ou non diplômées. Or, de nombreuses instances internationales affirment qu'un lien existe entre développement économique et scolarisation des jeunes femmes. 

Êtes-vous sûrs que c'est le choix de cette jeune fille d'avoir sept ou huit enfants ? (...) La natalité doit être un choix, en particulier pour les jeunes fillesEmmanuel Macron, à Ouagadougou

Pour Emmanuel Macron, le Burkina Faso devra affronter la problématique de la démographie galopante du continent. D'ici à 2100, la population africaine devrait quadrupler. "Ne pas dire que la démographie est un sujet qui nous concerne tous en Afrique, c'est se mentir", répond-il à une question d'un étudiant de l'université de Ouagadougou. Dans ce contexte, l'émancipation des femmes est clef. "Êtes-vous sûrs que c'est le choix de cette jeune fille d'avoir sept ou huit enfants ?", a ensuite interrogé le président Macron. "La démographie renvoie à des choix personnels dans lesquels personne ne doit s'immiscer. Mais elle doit être un choix, en particulier pour les jeunes filles." Et il ajoute : "Chaque jeune fille, chaque femme, doit pouvoir choisir son destin dans nos sociétés."

Le Président en a profité pour corriger des propos qu'il avait tenus en juillet dernier. Il avait affirmé que le "défi de l’Afrique (…) est civilisationnel". Il avait soutenu, à l'époque, que "dans des pays qui ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien". Des propos, qui avaient fait polémique. Lors de son discours officiel au Burkina Faso, le chef de l’Etat a dit regretter d'avoir employé le qualificatif "civilisationnel".  

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