EELV : un Conseil fédéral sous haute tension

EELV : un Conseil fédéral sous haute tension

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MALAISE - Cinq jours après le départ du gouvernement de Cécile Duflot et Pascal Canfin et l'interdiction à d'autres de ne pas y entrer, les Verts se retrouvent ce week-end pour un Conseil fédéral qui s'annonce agité. Samedi et dimanche, ils devront décider de se joindre ou non à la majorité et donc de donner leur confiance à Manuel Valls et ses ministres.

Chez les écologistes, les questions qui fâchent se posent ce week-end. Lors du Conseil fédéral, prévu de longue date, les élus EELV se réunissent après une semaine agitée qui notamment vu Cécile Duflot (logement) et Pascal Canfin (délégué au développement) annoncer leur sortie du gouvernement après la nomination de Manuel Valls à Matignon.

La suite, c'est le bureau exécutif qui s'en est chargée. En votant la non-participation des Verts au gouvernement , par 7 voix contre 3 et 5 abstentions, l'instance plutôt proche de Cécile Duflot, a fait des déçus. Parmi eux, certains membres éminents du parti, qui espéraient maintenir les Verts au gouvernement et profiter du remaniement pour faire leur entrée dans des ministères. Jean-Vincent Placé, François de Rugy et Barbara Pompili étaient notamment candidats. La co-présidente du groupe EELV à l'Assemblée n'a pas manqué de commenter le sujet en avouant qu'il aurait fallu 'la jouer plus collectif'. Dans le même mouvement d'autres, proches du parti précisent à metronews qu'ils n'ont pas eu leur mot à dire dans cette décision, tout en pointant les ambitions personnelles de Cécile Duflot à l'horizon 2017.

Une position au cas par cas ?

Au moment du Conseil fédéral EELV, cet épisode révèle met en lumière les fractures concernant les orientations stratégiques que le parti doit prendre après des élections municipales réussies. Samedi, il sera donc question, brièvement, du scrutin de dimanche dernier avant de poser la question tant attendue : les Verts font-ils partie de la majorité ou sont-ils désormais en dehors ?

Dans l'immédiat, le sujet implique aussi de voter la confiance au nouveau gouvernement et donc le pacte de responsabilité. Et c'est précisément sur ce point que les négociations risquent d'être tendues. A l'Assemblée nationale, l'hypothèse la plus probable est de voir les députés écologistes se positionner au cas par cas par rapport à la majorité présidentielle. Dans un entretien accordé à Libération, Cécile Dufot a ainsi balayé l'idée de s'allier avec le Front de gauche, avouant ne pas croire ''à la guerre des gauches'' tout en réaffirmant sa liberté.

Pourtant, son parti pourrait trouver à l'avenir des points d'accord importants avec le parti de Jean-Luc Mélenchon sur des dossiers précis, et que le gouvernement devrait aborder dans les mois à venir. Selon un responsable du Parti de gauche, un courrier pointant ces sujets aurait même été adressé jeudi à EELV. Les dossiers tels que la conférence sur le réchauffement climatique en 2015, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou la lutte contre la mise en place du grand marché transatlantique y sont notamment évoqués. D'autres lignes de fractures qui pourraient à nouveau semer la zizanie chez les Verts.

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