Présidentielle : à la traîne dans les sondages et critiquée, Anne Hidalgo déroule son plan sans s'inquiéter

Anne Hidalgo

COURSE DE FOND - Alors qu'Anne Hidalgo est à la traîne dans les sondages et critiquée au sein du PS, son équipe de campagne mise tout sur le terrain et les idées pour imposer la candidature socialiste, à six mois de l'élection présidentielle 2022.

Anne Hidalgo était-elle la mieux placée pour représenter le Parti socialiste à la présidentielle ? Si la maire de Paris n'est pas encore officiellement désignée candidate du PS - elle le sera le 14 octobre -, des voix s'élèvent déjà pour constater qu'elle ne décolle pas dans les sondages et ne s'impose pas dans le paysage médiatique depuis son annonce de candidature le 12 septembre dernier.  

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L'élection présidentielle 2022

Un cadre du PS cité mardi dans Le Parisien déclarait : "C’est l’accident industriel ! Il n’y a pas de campagne, pas de direction de campagne, pas d’acte de campagne !" D'autres n'expriment pas leurs critiques sous anonymat, à l'instar de Stéphane Le Foll, qui veut lui aussi être désigné candidat PS à la présidentielle. "On est parti sur une campagne avec un doublement du salaire des profs, puis les 110 km/h sur autoroute, pour revenir ensuite dessus et dire 'Mais non, ce n’est pas exactement ce que j'ai dit'. Il faut être sérieux", a-t-il estimé sur France Inter.

Les détracteurs de la maire de Paris en veulent pour preuve les mauvais sondages parus ces derniers jours. Selon le baromètre Ifop Fiducial pour LCI et Le Figaro publié le 4 octobre, dans un scénario où Eric Zemmour et Xavier Bertrand sont candidats, Anne Hidalgo recueillerait 5,5% des suffrages (-1,5 point), derrière Yannick Jadot (8%) et Jean-Luc Mélenchon (7%). Dans le baromètre Harris interactive pour Challenges publié ce mercredi 6 octobre, dans le cas d’une candidature de Xavier Bertrand, l'édile parisienne est créditée de 6% des suffrages, autant que Yannick Jadot mais moins que Jean-Luc Mélenchon (11%).

La politique, c’est s’afficher sur un ring et débattre avec Eric Zemmour ? Non- Anne Hidalgo

Interrogée à ce sujet ce mercredi dans Libération puis sur France 2 pour ses premières interviews nationales depuis plusieurs jours, Anne Hidalgo a répondu : "J’ai déclaré ma candidature le 12 septembre à Rouen. C’était il n’y a même pas un mois…. (…) Pour l’instant, je constitue mon équipe et je suis sur le terrain, pour écouter les Français. Certains critiquent cette méthode. Et alors quoi ? La politique, c’est s’afficher sur un ring et débattre avec Eric Zemmour ? Non." Ou encore : "Pour la première fois peut-être dans la vie du Parti socialiste, même s’il y aura un vote le 14 octobre, le sujet est très peu discuté. Avant même de me déclarer candidate j’ai vérifié que je rassemblais cette famille-là et que j’étais capable d’élargir. (...) Je suis là, je suis quelqu’un de solide."

Un membre de sa campagne joint ce mercredi par LCI balaye également l'argument des sondages. "S’il y a un truc qui laisse insensible Anne, c’est bien ça. Une présidentielle c’est une course de fond, on est encore loin de l'arrivée", explique-t-il. Quant aux critiques internes, il présume que "les choses vont se calmer. Le PS doit ratifier sa candidature, et à partir de là on peut espérer que les gens se retrouvent."

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Pour unir tout le parti derrière elle, l'équipe de campagne d'Anne Hidalgo mise sur les propositions. "Il faut parier sur les idées, ramener le débat sur de vrais sujets", nous indique ce proche de la candidate. "Pouvoir d’achat, juste rémunération du travail : voilà de quoi nous voulons parler, de la réalité de gens qui n’arrivent pas à vivre convenablement de leur travail. Nous allons parler des femmes seules avec enfant, des couples qui s’installent. C’est ça qui intéresse les gens, pas le prénom des gens qui naissent sur le sol de France."

Déplacements et présence médiatique

La maire de Paris va également poursuivre ses déplacements en région, et accroître sa présence médiatique. Cette semaine, elle sera en déplacement à Lyon, puis le 23 octobre à Lille pour parler République sociale et écologique. "Il faut continuer pour expliquer, rencontrer. La parole médiatique ça compte, mais la parole sincère elle se fait sur le terrain", indique notre source.

Cette dernière rejette également les accusations de propositions démagogiques ou formulées pour se démarquer du candidat écologiste Yannick Jadot, à savoir doubler le salaire des professeurs et baisser la taxe carbone. "Nous sommes dans la proposition pour répondre aux enjeux. Si c’est pas ça la présidentielle, c’est quoi ?", répond-il à propos de la première. Sur l'écologie, il estime que ce n'est pas une question de "démarcation" mais de "conviction". "Anne Hidalgo est écolo, elle n’a rien à prouver sur ce domaine. Elle a fait plus que n’importe qui parmi les candidats à la présidentielle."

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