Relocalisations et "made in France" : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Le Made in France, passage obligé de la campagne présidentielle

INDUSTRIE - Le thème est porteur, et tous les candidats à la présidentielle s'engagent pour une relocalisation industrielle et le soutien du Made in France. Mais quelles sont leurs solutions pour y parvenir ?

Il est le passage obligé des candidats à l'élection présidentielle. Le salon du Made in France qui s'est ouvert ce jeudi 11 novembre et fermera ses portes ce dimanche 14 novembre à Paris, est l'endroit où il faudra être pour quiconque a des ambitions élyséennes. L'occasion de rencontrer des producteurs et entreprises françaises, et de développer ses idées à ce sujet. 

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Le plus attendu est sûrement celui qui se présente comme le chantre du Made in France, l'ancien ministre Arnaud Montebourg. Le candidat tient d'ailleurs un stand sur le salon avec son miel de repeuplement "Bleu Blanc Ruche". Ce vendredi sur BFMTV, il a plaidé pour la création d'un délit de "trahison économique" pour sanctionner les dirigeants qui vendraient leurs entreprises "en pièces détachées" à des groupes étrangers. Dans son programme, il plaide également pour refabriquer "sur le sol national la soixantaine de produits critiques que nous importons au prix de notre souveraineté perdue : dans l’électronique, la pharmacie, l’alimentation, le machinisme", estimant que cela représenterait 300 à 400 usines.

La semaine dernière lors d'un déplacement à Troyes, le candidat écologiste Yannick Jadot a assuré qu'il réindustrialiserait le pays s'il était élu, via "la commande publique", une modulation de "la TVA en fonction de l'impact environnemental" et plus généralement un "protectionnisme écologique" aux portes de l'Europe. Des propositions et une défense du rôle de l'État qui ont fait dire à Jean-Luc Mélenchon que Yannick Jadot se rapprochait des insoumis, même si selon lui "il faut indiquer quelles sont les frontières et les limites du protectionnisme" et intégrer le protectionnisme écologique aux traités européens.

Comme beaucoup à l'issue de la crise sanitaire, La France insoumise plaide également pour relocaliser les industries essentielles en France. "Il est évidemment indispensable de continuer à échanger avec d’autres pays, mais il n’est pas concevable que nous en dépendions pour nous nourrir, nous fournir du Doliprane ou des masques en tissus", peut-on lire dans un document préliminaire au programme, qui sera publié le 18 novembre, alors que Jean-Luc Mélenchon sillonnait le salon du Made in France ce vendredi. 

Aider à lutter contre le réchauffement climatique

Le Parti socialiste aussi, veut relocaliser la production des médicaments essentiels, et investir pour relocaliser "ce qui doit l’être, garantir notre souveraineté industrielle et assurer la solidarité". Comme tous les partis de gauche (et certains à droite), le PS lie réindustrialisation et lutte contre le réchauffement climatique. Anne Hidalgo a dit croire "à une écologie sociale et populaire, mais aussi industrielle et responsable. Celle de l’énergie locale, d’une alimentation de qualité, diffusée et consommée en circuits courts".

À droite, on ne plaide pas pour les normes sociales et environnementales que souhaite imposer la gauche, qui seraient un poids à l'attractivité française. Pour réimplanter des usines sur le territoire, on plaide pour une baisse des impôts de production. Lundi soir sur le plateau de LCI, tous les candidats au congrès LR se sont mis d'accord sur ce point. Quand Xavier Bertrand souhaite également mettre l'accent sur la formation et le financement des projets de recherche, Valérie Pécresse parle d’imposer la préférence européenne dans la commande publique. Avec Michel Barnier, ils s'entendent sur une forme de protectionnisme européen par la taxation carbone des importations mondiales ou encore une exigence de réciprocité avec les partenaires de l’Union européenne.

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Marine Le Pen n'a pas encore dévoilé ses propositions, mais elle met souvent en avant le rôle que doit avoir "l'État-stratège", notamment via la commande publique. Elle défend également le "localisme", théorisé par le député européen Hervé Juvin, qui devrait offrir à tous, même aux plus éloignés des grands centres urbains, de consommer local, sans surcoût, à rebours de la société de marché. Enfin sur Europe 1, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a proposé de diviser par deux l’impôt sur les sociétés (IS), à 12,5%, "mais uniquement sur les bénéfices réinvestis sur le sol français, pas ceux donnés aux actionnaires ou ceux investis en Slovaquie, en Chine ou ailleurs"

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