Européennes : comment face au chaos du Brexit, peut-on encore vouloir un "Frexit" ?

Politique
CONVICTION - Ils sont pour le Frexit. Mais alors que les Britanniques éprouvent de sacrés difficultés à mettre en place leur Brexit, sont-ils toujours aussi sûrs d'eux ? LCI a posé la question aux Patriotes, le parti de Florian Philippot, et à François Asselineau, président de l'UPR, farouches partisans d'une sortie de la France de l'Union européenne.

"Nous sommes plus que jamais motivés" assure à LCI Joffrey Bollée, directeur de cabinet du président des Patriotes Florian Philippot. "Notre détermination est intacte" abonde François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine(UPR). Interrogés ce mardi par LCI, les représentants des deux partis politiques proposant la sortie de la France de l'Union européenne, le Frexit, ne sont en rien démotivés par les difficultés que rencontrent les Britanniques à s'accorder sur la forme que prendra leur sortie de l'UE. Bien au contraire.


"Il ne faut pas dramatiser les débats. Que sont deux mois de retard si l'on regarde tout ce qu’ils vont y gagner ensuite ? Ils débattent de leur avenir, il n’y a rien d’extraordinaire à ce que ça prenne beaucoup de temps. Quand l'Europe a voulu changer la directive 'travailleurs détachés', il a fallu des mois pour changer une virgule" avance Joffrey Bollée, également conseiller régional d'Ile-de-France. "Si le Brexit donne l’impression de mal se passer, ce n’est pas parce qu'il est difficile de sortir de l’Union européenne. C’est parce que ceux qui ont perdu refusent les résultats des urnes" ajoute François Asselineau.

Il aurait fallu un Premier ministre défenseur du Brexit."François Asselineau

Les deux hommes mettent en effet l'accent sur le fait que les Britanniques ont à leur tête pour négocier leur retrait une Première ministre non partisane du Brexit. "Le gouvernement qui a négocié n’est pas composé uniquement de gens qui y sont favorables" constate le directeur de cabinet de Florian Philippot. "Si nous en venions au Frexit, nous n'aurions pas les mêmes difficultés politiques, car nous n'aurions avec nous que des partisans de la sortie de l'UE" continue-t-il. "Il aurait fallu un Premier ministre défenseur du Brexit, et la constitution d'un gouvernement d’union nationale", explique à LCI François Asselineau, ajoutant que s'il avait été dans le cas de Theresa May, il aurait très rapidement usé du levier financier en "cessant de verser de l'argent à l'Europe".


Puisque Les Patriotes et l'UPR sont toujours autant convaincus par le Frexit, ils ont décidé de ne pas changer de stratégie et d'axer leur campagne pour les élections européennes sur cette idée. "Surtout que face à nous, nous aurons des adversaires qui y ont renoncé, notamment le Rassemblement national de Marine Le Pen" jubile Joffrey Bollée, dont le parti est crédité d'1,5% d'intentions de vote dans le sondage Ifop-Fiducial publié lundi par Paris Match ainsi que dans le dernier sondage Harris Interactive - Agence Epoka pour LCI publié le 24 mars dernier. "Nous considérons que les Européennes seront pour nous l’occasion de mieux développer nos analyses, de les faire connaître. Si nous avions en France des débats libres à ce sujet, une grosse minorité, et peut-être même une majorité de Français, se prononceraient pour un Frexit" ajoute François Asselineau, crédité lui de 0,5% à 1,5% d'intentions de vote selon ces mêmes sondages. 

Un report du Brexit intentionnel ?

Ce dernier pense d'ailleurs que le report accordé par l'Union européenne aux Britanniques ces dernières semaines n'est peut-être pas anodin. "Je trouve curieux que d’un seul coup, l’UE accepte un report de la date du Brexit au 12 avril ou 22 mai. J'ai  l’impression qu’on essaye d’agiter le Brexit de façon fallacieuse, en faisant croire que c’est difficile de sortir de l’UE, en disant notamment aux Français : "Regardez, il n’est pas possible de sortir de l'Europe'." 


En octobre dernier, seuls 38 % des Français estimaient que l'Union Européenne a plus d'inconvénients que d'avantages, selon un sondage l'Institut Elabe-Les Echos, l'Institut Montaigne et Radio Classique.

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