Elections européennes de 2019 : le gouvernement opte pour un retour aux listes nationales

SCRUTIN - Une semaine après les consultations menées par Emmanuel Macron auprès des grands partis politique, le gouvernement a fait savoir mercredi son intention de revenir aux listes nationales, et non plus régionales, aux élections européennes de 2019. Seuls Les Républicains soutenaient le maintien de 13 listes régionales.

Le gouvernement a tranché le débat sur les prochaines élections européennes, prévues en mai 2019. A sa sortie d'un entretien avec le Premier ministre Edouard Philippe, le patron de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a annoncé mercredi que le gouvernement avait opté pour le retour à un scrutin national, et donc la suppression du scrutin régional qui divisait, depuis 2004, la France en huit circonscriptions. 


"Les grandes lignes du projet de loi que le Premier ministre nous a présentées sont conformes à ce que nous avions demandé au président de la République", s'est réjoui Jean-Christophe Lagarde. La décision de l'exécutif intervient une semaine après les consultations organisées par Emmanuel Macron auprès des leaders des grands partis politiques. Lors de ces échanges, toutes les formations s'étaient dites favorables au retour à des listes nationales, sauf Les Républicains. 

"Tripatouillage"

A sa sortie de Matignon, le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, a ainsi dénoncé un "tripatouillage du mode de scrutin" par le gouvernement, destiné selon lui à "répondre" aux besoins du parti LREM "en mal de leadership dans les territoires". "Le gouvernement s'apprête à faire la neuvième manipulation de scrutin depuis 1983", a-t-il dénoncé. "Cela va éloigner l'Europe des citoyens, des territoires, des régions françaises. Nous pensons que c'est particulièrement dommageable." 


Le parti LR défendait un scrutin divisant la France en 13 circonscriptions. 

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Bernard Accoyer dénonce un "tripatouillage" sur le mode de scrutin des européennes

Concrètement, les électeurs n'auront plus huit circonscriptions réparties sur les territoires, mais une seule circonscription au niveau national, avec des listes s'affrontant à l'échelle du pays. Matignon a rappelé, mercredi, que le scrutin national était un modèle "largement majoritaire" aujourd'hui dans l'Union européenne. Le mode de scrutin, l'élection proportionnelle à un tour, ne change pas. 


Une évolution qui part du constat, selon le gouvernement, que le découpage actuel du territoire pour ces élections ne correspond pas à la carte des régions françaises, et que le découpage de 2004 n'a pas eu d'effet contre l'abstention lors des scrutins. Le projet de loi devrait être déposé début 2018. Selon le fonctionnement de l'Union européenne, chaque pays-membre peut déterminer librement son mode de scrutin et ses circonscriptions. 


Selon Jean-Christophe Lagarde, le projet de loi du gouvernement ouvre la porte à la création des listes "transnationales", vantée par Emmanuel Macron pour créer un sentiment d'appartenance européenne, mais le patron de l'UDI doute de la faisabilité du projet pour le scrutin de 2019, en raison de "l'instabilité politique" en Allemagne et de la nécessité de trouver un accord avec les autres pays européens. 

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