Elections européennes : la stratégie du PS en cinq points

Elections européennes : la stratégie du PS en cinq points

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CAMPAGNE - Les socialistes n'ont plus qu'un mois pour éviter une nouvelle déroute aux élections européennes, qui auront lieu le 25 mai prochain. Face aux mauvais sondages, plaçant le PS en 3e position derrière le FN, le parti a préparé un plan de bataille. Le voici.

Le PS risque une seconde claque électorale et il le sait. Un mois avant les élections européennes, qui auront le lieu le 25 mai prochain, le Parti socialiste peaufine donc sa stratégie pour éviter la déroute annoncée. Un sondage Ifop publié en avril dernier plaçait en effet les listes Front national en tête (24%), devant l'UMP (23%) et le Parti socialiste allié au PRG (21%). Metronews recense les cinq bouées de sauvetage auxquelles le PS s'accroche pour ne pas couler.

1. Une campagne à la carte
Puisque son électorat traditionnel l'a boudé aux municipales, le PS va cibler. Oubliée, donc, la volonté de reconquête de l'électorat ouvrier, qui lui a fait défaut en mars dernier. "Ça ne sert à rien d’aller chercher les ouvriers et les classes populaires, on les a perdus pour longtemps, a ainsi concédé un dirigeant socialiste à Europe 1. On va se mettre des œillères pour éviter de courir après tout le monde en se concentrant sur les seuls qui peuvent encore voter pour nous". Même si, officiellement, le PS n'assume pas cette stratégie. "On se bat aussi pour les travailleurs. La candidature du syndicaliste de Florange, Edouard Martin, en est la preuve", assure à metronews la tête de liste socialiste en Île-de-France, Pervenche Berès.

Géographiquement aussi, le PS va choisir ses batailles. Vincent Peillon, tête de liste dans le Sud-Est, va ainsi bouder les Bouches-du-Rhône, où le FN est bien trop ancré, pour faire campagne en Rhône-Alpes. Manuel Valls devrait l'y soutenir, le 23 mai prochain à Lyon. Jacques Delors, figure emblématique de la gauche européenne, ira dans le Nord lors d'un prochain meeting à Lille. Plutôt que de reconquérir des territoires perdus, le parti préfère se concentrer sur ses bastions.

2. Taper sur l'Union européenne
Les socialistes le savent : le discours pro-européen ne fait plus recettes chez les électeurs. Comme d'autres partis, le PS a donc adopté un discours critique et accusateur contre l'UE . Fustigeant notamment "l'austérité" imposée par la Commission et prônant une "ré-orientation". "Les critères de 3% ne peuvent être appliqués dans la crise que nous vivons. Il faut d'autres règles d'après-crise", a ainsi réclamé le nouveau patron des socialistes, Jean-Christophe Cambadélis. "Oui, nous allons être très critiques sur ce point", nous confirme Pervenche Berès.

3. La Commission en ligne de mire
Les socialistes le savent bien, le seul acteur capable de changer le la ligne économique de l'Union européenne reste la Commission de Bruxelles. Dont les membres ne sont pas élus. Sauf que, nouveauté cette année, la couleur politique de la Commission dépendra de la majorité obtenue au Parlement. Le PS martèle donc : si la gauche est majoritaire, elle sera aux manettes à Bruxelles et aura "plus de marge de manœuvre". "Alors, tout le climat politique changera et, dans la foulée, le climat politique français", promet Jean-Christophe Cambadélis.

4. Viraliser la campagne
Reste un problème de taille : l'Europe ne passionne pas, les candidats sont méconnus et l'abstention à cette élection est habituellement très forte. Pour y remédier, le PS tente quelques innovations sur Internet. Une plateforme citoyenne, Choisir notre Europe , a ainsi été lancée pour interpeller les différents candidats "personnellement". Et une application interactive est censée répondre aux questions des internautes. Les réponses, courtes, peuvent être directement partagées sur Twitter ou Facebook. Enfin, chaque candidat sera présent sur Twitter, à l'instar de Pervenche Berès . "Les réseaux sociaux permettent aussi d'inciter les gens à s'intéresser à ces questions", veut croire la candidate.

5. Se réfugier derrière Martin Shultz
Enfin, les socialistes savent que le gouvernement, toujours impopulaire, ne peut pas les emmener vers la victoire aux européennes. Le parti préfère donc se mettre dans la roue de Martin Shultz , président du Parlement et candidat de la gauche européenne à la présidence de la Commission. Le 17 avril dernier, il a ainsi été invité pour le meeting de lancement de la campagne PS à Paris. Celui qui se présente comme "l'Allemand qui parle Français" en a profité pour s'attaquer "à la spirale mortelle de l'austérité" et égratigner les marchés financiers. Reste que l'homme est méconnu en France (même s'il a bénéficié d'un beau coup de publicité lorsque Marine Le Pen a refusé de débattre avec lui sur France 2), et qu'il peut apparaître comme trop "Bruxellois" aux yeux des Français. D'ailleurs, lui défend le critère des 3% de déficit imposé par l'UE, que le gouvernement français remet en cause. Est-ce vraiment le bon cheval pour promettre le changement à l'échelle de l'Europe ?

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