Européennes : Laurent Wauquiez signe, lui aussi, une tribune pour l'Europe

Politique
DirectLCI
RÉPONSE - Le chef des Républicains a publié dans Le Monde ce samedi une tribune en réponse à celle publiée lundi par Emmanuel Macron. Un texte dans lequel il estime que l'Union Européenne a échoué et plaide pour des stratégies nationales.

Après le message pour l'Europe d'Emmanuel Macron, c'est au tour du patron des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, de publier un texte à quelques semaines des élections européennes, qui auront lieu le 26 mai. Conscient que la droite a une voix à faire entendre entre celle portée par le chef de l'Etat et celle des populistes hostiles à l'Union Européenne, Laurent Wauquiez a publié ce samedi une tribune dans Le Monde. Selon lui, les électeurs européens ne peuvent se résigner à "une alternative entre proeuropéens et antieuropéens, progressistes et nationalistes, sauveurs et destructeurs, sans rien entre les deux".  


Ces déclarations s'ajoutent à celles tenues jeudi dernier en compagnie de la tête de liste LR aux Européennes, François-Xavier Bellamy, lors d'un premier meeting commun en Bretagne, où il déclarait vouloir "offrir un autre choix aux Français".

Laurent Wauquiez répond donc à Emmanuel Macron et présente une "Europe qui n'a pas marché". Celle, selon lui, de "l'élargissement". Face à "plus de bureaucratie, plus d’institutions ou d’agences", le chef de file de la droite se concentre sur la situation de la France, soumise selon lui, à une "gestion économique calamiteuse", à "l'incapacité de nous réformer". "Si la France veut refonder l'Europe, elle doit commencer par nettoyer ses écuries", résume-t-il.

L'islamisation "menace" pour "notre civilisation"

Après avoir évoqué les "trois traditions gréco-latine, judéo-chrétienne et des Lumières" comme valeurs fondatrices de l'Europe, le président des Républicains n'hésite pas à parler de la "monté de l'islamisme" comme une "menace" pour les "fondements de notre civilisation", en opposition à un certain "mode de vie" européen. Un thème récurent. Le 5 mars, après l'agression terroriste dans la prison de Condé-sur-Sarthe, Laurent Wauquiez avait une nouvelle fois estimé "qu'il y a un islamisme qui menace la République française".


Selon Laurent Wauquiez, le désamour des Français envers l'Europe s'est installé "au milieu des années 1990". Un "grand schisme" s'est ouvert écrit-il, estimant que les Français sont contre ce que l'Europe est "devenue". "Ils ne veulent pas la sortie de l’Europe, ils veulent changer l’Europe." Selon lui, pour réussir l'Europe doit "s'appuyer sur les nations". 

L'immigration comme grand thème

Moins d'Europe pour redonner de la place aux Etats, cela passe par l'exclusion de "tout nouvel élargissement", et table sur l'organisation de "blocs de coopération" car "aujourd’hui les pays qui ne veulent plus avancer bloquent tout l’édifice", constate-t-il. Citant des projets comme la très décriée ligne à grande vitesse Lyon-Turin, "la couverture du continent européen en 5G" ou encore "la généralisation du programme Erasmus", Laurent Wauquiez déclare vouloir d'une Europe "pilote" de ces grandes infrastructures. 


Comme il l'avait laissé entendre un peu plus tôt au Parisien, le texte de Laurent Wauquiez doit mettre en lumière "le décalage entre les paroles et les actes" d'Emmanuel Macron. Ce qu'il ne manque pas de faire en soulignant l'échec du président français, selon lui, dans la fusion ratée entre le Français Alstom et l'Allemand Siemens. Sur un tout autre thème, il s'oppose également à la répartition par quotas des migrants entre les pays européens : "il faut garantir à chaque Etat-membre la liberté d’accueillir qui il veut sur son sol", plaide-t-il. 

Peu de propositions concrètes

Peu de propositions concrètes dans ce texte toutefois, si ce n'est, toujours sur le terrain migratoire, l'instauration d'une "double protection" contre "l'immigration de masse". Ce qui est, depuis quelques mois, annoncé comme le cœur de la campagne des Républicains pour les Européennes. Laurent Wauquiez souhaite "une protection aux frontières européennes pour ramener tous les bateaux de passeurs sur les côtes africaines et une protection aux frontières nationales pour empêcher les entrées illégales en France." Des mesures, qui ne sont pas nouvelles et qui rejoignent les thèmes de campagne du Rassemblement national... mais aussi d'En Marche! qui prône notamment le renforcement des contrôles aux frontières. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter