Elections européennes : le FN vainqueur par chaos

Politique
DirectLCI
POLITIQUE - Alors que les sondages plaçaient l'UMP et le FN au coude-à-coude, le parti de Marine Le Pen est arrivé largement en tête des élections européennes avec 25% des voix. Un score qui inquiète l'ensemble de la classe politique.

"Un choc à l'échelle du monde" pour Ségolène Royal, "une information suffocante" pour Jean-Luc Mélenchon, "une décomposition de la vie politique française" pour François Bayrou... Après les résultats des élections européennes qui ont placé dimanche le FN en tête avec 25% des voix, l'ensemble de la classe politique n'avait pas assez de mots pour qualifier cette victoire frontiste. Celle-ci était certes annoncée par de nombreux sondages, mais pas avec une telle avance. Et le parti de Marine Le Pen n'avait jamais dépassé la barre des 20% lors d'une élection au niveau national.

Autoproclamé "premier parti de France" dans un scrutin marqué par une forte abstention - malgré un léger mieux - le FN arrive en tête dans cinq circonscriptions sur huit. Dans l'Est, la liste conduite par Florian Philippot, le vice-président du parti, est ainsi arrivée première, tout comme celle de Marine Le Pen dans le Nord-Ouest et celle de son père nettement devant, dans le Sud Est. Alors que le Front national n'avait obtenu que 3 eurodéputés en 2009 en réalisant 6,34% des suffrages, 23 à 25 candidats frontistes siégeront dorénavant au Parlement européen.

"Un gagnant et beaucoup de perdants"

Cette victoire du FN a sérieusement nuancé le score de l'UMP qui, s'il dépasse de 6 points le PS et ses 14,7%, n'est pas parvenu à mobiliser suffisamment ses électeurs, malgré la tribune de Nicolas Sarkozy publié dans Le Point jeudi. Le parti n'aura pas réussi à suffisamment mobiliser ses électeurs. L'UMP semble en effet payer la mise en cause de Jean-François Copé dans l'affaire Bygmalion et ses nombreuses divisions entre les pros et anti-européens . De quoi inquiéter les cadres du parti, qui mettent en cause plus ou moins clairement leur patron. "L'UMP doit changer, recréons les bases d'un accord entre droite et centre", a ainsi déclaré Alain Juppé, quand François Fillon préférait décrire une UMP "atteinte dans sa crédibilité". L'ancien ministre Eric Woerth est allé jusqu'à déplorer un "échec de l'UMP".

Deux mois après les municipales, cette deuxième claque infligée au Parti socialiste est encore plus sévère. Une déroute presque équivalente à celle, record, de 1994, lorsque la liste conduite par Michel Rocard avait obtenu 14,5%. Alors que Marine Le Pen n'a pas hésité à demander la dissolution de l'Assemblée, l'Elysée a annoncé que "des leçons devront être tirées de cet événement majeur". La réunion de crise prévue lundi matin à 8h30 autour de François Hollande et de Manuel Valls s'annonce tendue.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter