Elections européennes : Ségolène Royal de plus en plus courtisée... et de plus en plus anti-Macron

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ELECTIONS - Des voix au sein du Parti socialiste et au-delà entretiennent l'hypothèse d'une candidature de Ségolène Royal pour conduire une liste de gauche aux élections européennes. L'ancienne ministre, qui publie ce mercredi un livre très critique à l'égard d'Emmanuel Macron, pourrait se décider d'ici quelques mois.

Il y a quelques semaines encore, elle rejetait l'idée de conduire une liste PS aux élections européennes de juin 2019. Depuis lors, l'idée fait pourtant son chemin à gauche et Ségolène Royal, officiellement "ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique", fait bel et bien un retour en politique active. 


L'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 s'est lancée ces derniers jours dans une critique virulente des "reculs" du gouvernement en matière d'écologie, harponnant les choix de l'exécutif en matière de fiscalité écologique ou de forage pétrolier au large de la Guyane. Depuis, il n'est presque aucun jour sans que l'ex-ministre de l'Ecologie, plutôt bienveillante à l'égard d'Emmanuel Macron au début du quinquennat, ne s'en prenne à sa politique.  

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Les choses ne devraient pas s'arranger avec la sortie, mercredi, de son livre Ce que je peux enfin vous dire (Fayard), où elle s'en prend violemment au président de la République, d'après certains passages dévoilés la veille par Le Figaro. "La méthode de gouvernement a dérapé, et, comme lors des précédents quinquennats, le déficit de dialogue, l'autoritarisme, l'exercice solitaire de la décision, la démocratie parlementaire affaiblie, ont conduit aux mêmes erreurs", y dénonce-t-elle. 


"Emmanuel Macron refait les mêmes erreurs. Exactement les mêmes", ajoute-t-elle. "Penser que l'injonction à faire des réformes oblige à faire n'importe lesquelles, pourvu que ça bouge. Et penser que le désordre de la rue ou l'épuisement des forces vives d'un pays ou des corps intermédiaires est la preuve d'une réforme accomplie. Erreur. Grave erreur."

Candidature en gestation

Pour autant, assure son entourage, la sortie de cet ouvrage critique, sur lequel elle travaille depuis de long mois, n'aurait aucun lien avec l'hypothèse d'une candidature aux élections européennes que plusieurs ténors socialistes appellent aujourd'hui de leurs voeux, espérant ainsi sortir le parti moribond de l'impasse dans laquelle l'ont placé les élections de 2017. 


"Elle est très sollicitée, au PS mais pas seulement", se réjouit le député socialiste Guillaume Garot, proche de l'ancienne ministre, contacté par LCI. "Des écologistes viennent aussi à sa rencontre. Elle reçoit toutes ces marques d'intérêt avec attention et sa porte est toujours ouverte..." Officiellement, Ségolène Royal n'est candidate à rien. Officieusement, des rencontres ont déjà eu lieu avec l'état-major d'Olivier Faure, le patron du PS, et les discussions sont en cours. Une chose est sûre : si elle devait se lancer, peut-être au début de l'année 2019, elle ne conduirait pas une liste sous l'étiquette d'un seul parti, mais d'un mouvement transpartisan et si possible ouvert à des personnalités de la "société civile". 


"Dans des périodes agitées comme celle-ci [notamment sur le plan européen, NDLR], il y a un réel besoin d'expérience politique", vante Guillaume Garot. "Pour autant, elle réfléchit... C'est elle et elle seule qui prendra sa décision." "Je suis sollicitée mais je n'ai rien demandé", expliquait encore Ségolène Royal dimanche dans le JDD. Faire naître le désir pour mieux préparer son avenir ?

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