François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux Européennes, sur LCI : "Je ne vais pas m'excuser d'être qui je suis"

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ELECTIONS - Nommé officiellement mardi soir tête de liste LR pour les élections européennes, le jeune professeur de philosophie et adjoint à Versailles François-Xavier Bellamy était l'invité de LCI mercredi matin pour sa première interview télévisée depuis sa désignation. Un candidat qui assume ses positions conservatrices et ne veut pas se laisser enfermer dans les débats sur l'IVG ou la PMA.

Figure du "renouvellement" de la droite pour les uns, personnalité conservatrice et trop marquée idéologiquement pour les autres, François-Xavier Bellamy divise au sein de LR. Le jeune philosophe de 33 ans, nommé tête de liste aux Européennes mardi soir par son parti, s'exprimait pour la première à la télévision fois depuis sa désignation, mercredi matin sur LCI.


Connu pour certaines prises de position polémiques, notamment contre l'IVG et le mariage pour tous, ce professeur, dont le seul mandat politique est celui d'adjoint à Versailles, a tenté de répondre aux doutes qui persistent dans son propre camp, où les sensibilités les plus modérées s'inquiètent d'un tournant droitier du parti dirigé par Laurent Wauquiez. "François-Xavier Bellamy ne coche pas toutes les cases" pour diriger la campagne, a reconnu le président du Sénat Gérard Larcher, mercredi sur France 2, mais il s'inscrit dans un collectif et "un projet européen". "Le trio veut affirmer une forme d'harmonie retrouvée", a estimé le sénateur, qui s'était opposé à cette nomination. 


"C’est normal que chacun puisse exprimer ses sentiments", a répondu François-Xavier Bellamy sur LCI. "J'étais moi-même très surpris d'être désigné. Je dois faire mes preuves. Mais je ne vais pas m’excuser d'être qui je suis. J’assume mes positions passées. Je ne compte pas passer cette campagne à me justifier sur des positions que j’ai pu prendre."

"J'espère pouvoir parler du fond"

François-Xavier Bellamy, qui incarne "l'enracinement" aux yeux du patron des Républicains, ne veut pas se laisser enfermer dans des polémiques à répétition qui fragiliseraient sa campagne. Qualifié de figure de "l'extrême droite" par le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, l'intéressé rétorque que l'on ne trouvera "rien" dans ses écrits ou ses propos passés "qui puisse l'apparenter à l'extrême droite". 


"J'espère que, dans cette campagne, on pourra parler du fond. Je suis sûr que l'on peut relever le niveau de la vie politique française, à la hauteur des enjeux", a-t-il ajouté. "Laurent Wauquiez m'a dit qu'il avait un projet de refondation de la droite en France, j'ai envie d'y contribuer."


La tête de liste LR rappelle qu'elle ne sera pas seule dans cette campagne, puisqu'elle forme un trio avec la vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France Agnès Evren, proche de Valérie Pécresse, et l'ancien juppéiste Arnaud Danjean. "Ce sera la liste de toute une famille [...] Je suis très heureux de ne pas être tout seul."

Positionnement classique sur l'Europe et l'immigration

Interrogé sur les sujets européens, François-Xavier Bellamy a défendu une ligne classique à droite, dans le cadre du PPE, majoritaire au Parlement européen. Refusant de réduire les enjeux à un affrontement "entre pro et anti-européens", il revendique une refondation de l'Europe "nous permettant d'avoir la maîtrise de notre destin". "Nous avons besoin de l'Europe sur des dossiers très concrets", a-t-il précisé, évoquant notamment des désaccords commerciaux avec les Etats-Unis. 


Sur le dossier de l'immigration, le candidat LR propose que la demande d'asile soit traitée dans les pays d'où viennent les réfugiés, afin de casser "le business des passeurs". 


Interrogé sur les Gilets jaunes, il estime que ce mouvement "est le symptôme d'un désespoir très profond qui traverse la société", rendant hommage à ceux "qui se sont mobilisés pacifiquement" parce qu'ils sont "asphyxiés" par les prélèvements obligatoires. 

L'IVG, "pas une belle expérience"

Sur les sujets de société, François-Xavier Bellamy répète ce qu'il a déjà affirmé par le passé. "Mon seul propos sur l'IVG consiste à dire qu'il faut sortir d'un débat idéologique et considérer que ce n'est pas une belle expérience pour les femmes", a justifié ce catholique revendiqué, qui souhaite "faire baisser le nombre d'avortements", notamment en "accompagnant" les femmes de milieu défavorisés qui manqueraient de ressources pour élever un enfant. Il est également favorable à une "clause de conscience" pour les pharmaciens qui ne souhaiteraient pas vendre de produits contraceptifs et abortifs. 


Il s'est également réaffirmé comme hostile à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules, "qui doit être considérée à sa juste mesure". "Quel est le statut de la médecine, celui de réparer les corps, ou de se mettre au service des désirs que nous éprouvons ?" a-t-il questionné. "C'est le débat qui s'engage et nous accompagnera pendant des années."


"Oui, je suis catholique", a enfin assumé le philosophe. "Est-ce que cela disqualifie de s'engager dans le débat ? La liberté de conscience est l'une des plus belles conquêtes du continent européen."

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